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Philopsis

L’art chez Hannah Arendt

mercredi 1er août 2018, par Idaline Droz-Vincent

Si les analyses consacrées directement à l’œuvre d’art sont peu nombreuses dans l’œuvre de Hannah Arendt, les références à des artistes sont multiples et variées. Elle pense avec eux et les cite sur le terrain de la vérité. Remarquons également que H. Arendt est cataloguée comme un « penseur politique » ; or c’est au théâtre de Shakespeare, à l’Iliade et à l’Odyssée (entre autres) tout autant qu’à Machiavel qu’elle demande les secrets de l’action politique.
Nous pouvons nous questionner avec Pierre Bouretz : « d’où vient qu’Hannah Arendt ait si souvent cherché chez les écrivains et les poètes une manière d’approcher le monde, de saisir l’histoire et de juger les hommes ? »
L’art pense ; l’art fait penser ; l’art est un objet de pensée. H. Arendt cherche auprès des grandes œuvres un éclairage qui la guide, mais n’a pas éprouvé le besoin de théoriser sur le sens de l’art.
S’il n’existe pas réellement de théorie esthétique chez H. Arendt, le statut de l’œuvre d’art et sa réflexion sur cet objet singulier permettent de mieux saisir la dimension phénoménologique de sa pensée. L’œuvre d’art cristallise également les thèmes centraux de la réflexion d’H. Arendt : le souci du monde dans sa dimension « historiale » et durable, la pérennisation de la pensée et de l’agir, l’importance accordée à l’apparition et au « devoir » de la belle apparence, l’entrecroisement des regards et des manifestations dans le monde, la question du sens contre celle de la vérité.


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| Philopsis éditions numériques | ISSN 1954-3689 |

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