L’usage de la logique selon Arnauld
On peut être étonné qu’Antoine Arnauld ait entrepris, en collabo ration avec Pierre Nicole, la rédaction d’une Logique explicitement placée sous le patronage de deux auteurs, Descartes et Pascal, qui tous deux formulèrent une méthode distincte de la logique, tout en critiquant sévèrement la logique traditionnelle. C’est sur ce paradoxe que je voudrais réfléchir. Pourquoi Antoine Arnauld ne fait-il pas siennes la critique cartésienne et la critique pascalienne de la logique ? Pourquoi inclut-il au contraire la méthode dans la logique, loin de considérer la méthode comme le substitut, seul efficace, de la logique traditionnelle ? On ne peut répondre à ces questions sans s’interroger, conjointement, sur l’usage qu’Antoine Arnauld assigne à la logique. Je n’entrerai donc pas dans le détail technique de la Logique de Port-Royal, mais je me bornerai à étudier de près les deux discours qui, dans la cinquième édition de 1683 que j’utilise ici, introduisent le texte proprement dit, tout en tenant compte de ce qui, dans le texte, corrobore les intentions exprimées dans ces deux discours préliminaires.


