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Ethique à Nicomaque — Commentaire des livres I, II, III, IV, V et VI
Aristote, Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Ulm, La moraleIntroduction : considérations méthodologiques. Aristote y vient par deux fois : au chapitre 1, en 1094b 11, et au chapitre 2, en 1095a 30. Ces deux passages brisent le cours du développement et peuvent être considérés, cas fréquent dans le corpus aristotélicien, comme des insertions après-coup, dont Aristote peut être lui-même l’auteur, à moins que […]
L’eudémonisme aristotélicien
Aristote, Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Lyon, Le bonheurCe qui fait pour nous l’intérêt de l’éthique aristotélicienne, c’est son caractère intempestif, à un double titre. Nous avons appris à penser la morale d’après Kant comme centrée sur la notion de devoir et consistant essentiellement dans une liste d’obligations et d’interdictions, ou d’après Nietzsche comme la « négation de la vie », et même si ces […]
Platon – Commentaires de textes
Concours des ENS (Ulm et lyon), PlatonLe lecteur trouvera ci dessous le commentaire des textes suivants: Ménon, 99b-100b Parménide, 134c-135c Philèbe, 21a-22a Timée, 37c-38b Document joint
Les traits fondamentaux de l’éthique aristotélicienne
Aristote, Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Ulm, La moraleDu Corpus Aristoteleum, trois œuvres éthiques nous sont parvenues : celle que l’on nomme Éthique à Eudème et qui porte probablement ce nom d’après l’élève d’Aristote Eudème de Rhodes qui l’a peut-être copiée et rédigée, et ainsi transmise ; ensuite l’Éthique à Nicomaque qui doit vraisemblablement son nom au fils d’Aristote, Nicomaque ; et enfin les Magna Moralia qui, au dire d’Albert le Grand, ne doivent pas s’appeler ainsi parce qu’elles seraient particulièrement volumineuses, mais plutôt en raison de la diversité de ce qui y est traité.
Parmi ces trois éthiques aristotéliciennes au sens large, il est depuis longtemps reconnu que l’Éthique à Nicomaque, qui est la première éthique de la philosophie occidentale thématiquement élaborée comme telle et qui s’est imposée depuis lors comme mesure, prévaut sur les deux autres œuvres éthiques de par son authenticité, l’unité d’ensemble de l’édifice, la rigueur et la fraîcheur de sa pensée, la force et la vivacité de la langue. C’est pourquoi, dans les brèves indications qui suivent, nous nous en tenons à elle, d’autant plus que du point de vue de la tradition historique de la philosophie, c’est elle qui eut l’impact le plus large, tandis que les deux autres éthiques, au contraire, furent pendant longtemps considérées comme non-aristotéliciennes, c’est-à-dire soit comme provenant de compilations plus tardives, soit comme n’étant tout simplement pas d’Aristote. En ce qui concerne les Magna Moralia, cela vaut encore aujourd’hui, et ce à bon droit, malgré la tentative de H. von Arnim d’en établir l’authenticité, tandis que pour la première fois, depuis une époque toute récente, il a été prouvé par W. Jaeger que l’Éthique à Eudème serait vraisemblablement une œuvre de jeunesse d’Aristote. Mais même en mettant de côté la discussion plutôt philologico-historique de l’authenticité, il reste à établir qu’au regard de la position initiale de la question éthique et des traits fondamentaux de son élaboration, les deux éthiques ainsi finalement nommées, n’apportent rien d’essentiellement nouveau ou autre par rapport à l’Éthique à Nicomaque, et sont même en retrait par rapport à celle-ci qui les devance sur bien des points.
A la gloire de la phronèsis. Ethique à Nicomaque, livre VI
Aristote, Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Ulm, La morale, Ricœurhttp://www.fondsricoeur.fr/uploads/medias/doc/laveritepratique3.PDF
L’examen du plaisir dans Philèbe
Concours des ENS (Ulm et lyon), PlatonLe Philèbe demeure à bien des égards une terre semi-inconnue du continent platonicien. Ce n’est pas qu’on ne puisse le situer avec un haut degré de vraisemblance dans la constitution de l’œuvre, mais il reste qu’il présente, si l’on peut dire, des traits hybrides. Ainsi la discussion sur le plaisir semble prolonger, par-delà les « dialogues métaphysiques », les propos de Socrate et Calliclès dans le Gorgias, et le choix de Socrate comme protagoniste après son effacement dans le Sophiste et le Politique a paru à certains une sorte de réactivation de la forme des dialogues de la période moyenne. Mais, d’un autre côté, une longue tradition de commentaire de G. Rodier à L. Robin et de L. Robin à A. Diès, insiste sur le parti que tire le Philèbe de la dialectique postérieure au Parménide, dont notre dialogue présenterait l’ultime raffinement.
Philèbe – Commentaire de texte (20d-21d)
Concours des ENS (Ulm et lyon), PlatonLa question générale du Philèbe, dialogue sans doute tardif de Platon, est celle du bonheur, autrement dit, selon une assimilation que l’on retrouvera dans l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, du souverain bien. Plus précisément, il s’agit de « montrer quelle capacité et disposition de l’âme est capable de procurer à tous les hommes la vie heureuse » (11d, 4-6), c’est-à-dire de définir un bien qui soit à la fois proprement humain, par opposition a celui des bêtes, et à la disposition de tous les membres de l’espèce, plutôt que réservé à une élite.
On comprend dès lors que la discussion porte avant tout sur cette thèse que l’on peut dénommer « hédoniste », puisqu’elle identifie le bien au plaisir, thèse de Philèbe, énoncée dès le début du dialogue dans son opposition à la thèse « intellectualiste » de Socrate (11b). Le plaisir apparaît en effet comme l’expérience à la fois la plus immédiate et la plus commune du bien en tant que celui-ci est par nature l’objet d’un désir.
Lectures platoniciennes : Thèmes et dialogues
Concours des ENS (Ulm et lyon), PlatonAvant-propos
L’œuvre de Platon est composée de dialogues. Il n’est sans doute pas le créateur du genre. Il n’est même pas le seul à mettre en scène Socrate. Socrate n’est d’ailleurs pas le protagoniste nécessaire de la forme dialoguée : dans le Sophiste et dans le Politique, le premier rôle est tenu par l’Etranger d’Elée, dans le Timée par le Pythagoricien du même nom, dans les Lois, Socrate est presque totalement absent. Pour autant, la présence et l’absence de Socrate ne constitue pas le critère permettant de distinguer entre un Platon socratique et un Platon platonicien (voir J. Brunet et A. E. Taylor). Car il y a bien des dialogues dont la doctrine est platonicienne, et dont Socrate est le protagoniste (Philèbe).
Socialisation et réalisation de soi dans l’Emile
Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Ulm, RousseauLe Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes construit une opposition manifeste entre socialisation et réalisation de soi. Le portrait de l’homme à l’état de nature permet, par contraste, d’identifier les pathologies de la vie sociale moderne, qui écarte de lui-même et semble condamner au malheur l’individu. Car celui-ci ne vit plus comme le faisait l’homme de la nature, dans le seul rapport à soi. Ce dernier vivait à la fois en lui-même et pour lui-même : son comportement n’était motivé que par le seul amour de soi, il était indépendant, il n’avait avec les autres individus aucune relation morale. L’homme sociable vit au contraire dans l’opinion des autres et, dès lors, pour les autres (il cherche leurs faveurs) . Les comportements sont donc alors déterminés par les jugements d’autrui et non par les penchants naturels. Il faut répondre aux attentes des autres individus, ou ce qu’on imagine être tel. Les individus sont conduits à une représentation permanente d’eux-mêmes : il faut feindre, paraître avoir les talents ou les qualités qui permettront d’être bien jugé. L’espace civil décrit ainsi dans le second Discours n’est qu’une concurrence effrénée pour le prestige.
La relation à soi et la relation aux autres se modifient donc réciproquement dans l’état civil : l’intersubjectivité empêche de vivre en soi-même, l’orgueil et plus généralement toutes les passions d’amour-propre, empêchent les sentiments de sociabilité. Ces passions sont autant de conditions d’impossibilité du bonheur : le mécontentement est perpétuel, celui qui veut être tout pour être estimé davantage que les autres est condamné à être irrité par « tout ce qui étant quelque chose nous empêche d’être tout » .
Mais si la socialisation marque l’impossibilité d’une vie réussie, entendue ici de manière très générale comme vie heureuse, n’est-ce pas de facto restreindre les fins que l’éducation mise en place dans l’Emile se propose d’accomplir ? Lui faut-il soit renoncer à faire d’Emile un être heureux, soit renoncer à en faire un être sociable ? Faut-il choisir entre élever un individu pour lui-même et élever un individu pour les autres ?
Aristote Ethique à Nicomaque Livre V
Aristote, Concours des ENS (Ulm et lyon), ENS Ulm, La justiceLa composition de l’Ethique à Nicomaque présente l’allure, même reconstituée, d’une ascension : elle suit une haute progression par les vertus morales et dianoétiques, ou ce qui les fortifie (livres II-IX), vers l’objet final de l’éthique, défini au livre I, et étudié au livre X, le bien- vivre. Cette progression donne ainsi une structure circulaire à l’œuvre : le dernier livre revient sur le premier, la pensée s’y achève en déterminant la fin de l’éthique. Le terme retrouve le commencement qui se trouve fondé en lui. En même temps l’Ethique à Nicomaque articule la politique et l’éthique dont elle n’est qu’un moment. S’ouvrant sur l’idée de Souverain Bien, et sur la politique comme science architectonique du «bien proprement humain», elle s’achève en introduisant les livres de la Politique. Le bonheur est cette idée nominale qui constitue la fin de toutes les activités et le sens de l’existence humaine, fin ultime qui est formellement la même que la fin politique. On comprend donc immédiatement l’importance de la question de la justice dans l’ensemble des livres sur l’éthique.
Le livre V constitue un traité de la justice . La considération de la justice vient clore l’examen des vertus morales, commencé au livre III et poursuivi au livre IV. Aristote choisit de consacrer tout un livre à la vertu de justice (dikaiosunè). Mais encore tout l’intérêt de ce traité sur la justice, et tout l’apport d’Aristote à la philosophie du droit, consistent-ils à dégager la justice de son approche exclusivement morale. Aristote propose ainsi une série de distinctions importantes entre la justice générale, vertu de justice ou justice légale, et la justice particulière qui se définit de façon privilégiée non par rapport à la loi mais par rapport à la notion d’égalité. C’est cette seconde espèce de justice qu’il privilégie, la subdivisant à son tour en justice distributive et justice corrective.