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Un passage biffé d’une lettre à Antoine Arnauld du 14 janvier 1688 rappelle un projet ancien chez Leibniz, celui d’augmenter l’extension de la logique démonstrative. Il écrit : « votre Art de penser contient déjà de belles méditations, qu’on peut augmenter et pousser plus avant ». Le compliment est évidemment fort ambigu, et rappelle la fonction que Leibniz donne parfois […]

Si l’on demandait à Antoine Arnauld de donner une analyse gram­maticale de la formule « l’âme et le corps », il en proposerait sans nul doute une explication dans les termes de sa Grammaire générale et rai­ sonnée : dans la division générale des parties du discours, la conjonc­tion doit être mise avec les mots […]

La lecture des Meditationes de prima philosophia est une partie de plaisir — c’est Arnauld qui le dit. L’étonnante captatio benevolentiae qui ouvre les Objectiones Quartae* se présente comme une confession, mais une confession sans repentir, celle du péché de curiosité. Arnauld avoue sa concupiscence, « respulcherrimas noscendi cupiditas » (AT Vil, 196,22). Plus, il […]

Les termes singuliers se divisent en deux catégories, celle des noms propres (Np dans la suite), et celle des descriptions définies ; je laisserai en effet ici de côté les pronoms démonstratifs et autres déictiques sur lesquels je me suis expliqué dans mon livre de 1985, L ’Analyse du lan­ gage à Port-Royal. Les deux […]

On peut être étonné qu’Antoine Arnauld ait entrepris, en collabo­ ration avec Pierre Nicole, la rédaction d’une Logique explicitement pla­cée sous le patronage de deux auteurs, Descartes et Pascal, qui tous deux formulèrent une méthode distincte de la logique, tout en critiquant sévè­rement la logique traditionnelle. C’est sur ce paradoxe que je voudrais réfléchir. Pourquoi […]

Antoine Arnauld (1612-1694) fut une figure essentielle dans la vie intellectuelle de l’Europe du XVIIe siècle. Il fut peut-être un des théologiens les plus pénétrants et les plus savants de ce siècle, et un philosophe dont les capacités n’eurent d’égale que l’influence. La publication de ses œuvres, largement lues et diffusées, s’étale sur une période […]

Le chapitre V de L’air et les songes, de 1944, s’intitule « Nietzsche et le psychisme ascensionnel ». Il est composé de douze parties. Que Bachelard lise Nietzsche de près, et interprète ses écrits poétiques, plus particulièrement ses Poèmes, ainsi que des poèmes qui apparaissent ça et là dans ses œuvres majeures, et Ainsi parlait Zarathoustra, c’est […]

Si l’être est atomes, et le néant vide ; si tous deux sont des « idées », autrement dit échappent à la sensation, les premiers à cause de leur infinie petitesse, le second en ce que rien ne le donne à percevoir d’aucune façon, comment connaîtrons-nous ce qui existe ? Nos sensations et perceptions, nos expériences nous donneront-elles jamais […]

Bachelard a publié d’abord L’intuition de l’instant, en 1932 ; puis La dialectique de la durée, en1950. Il reconnaît souvent la qualité de la philosophie de Bergson, pour se donner le plaisir malicieux de s’y opposer frontalement. Dans son premier ouvrage, il part de la notion de « présent » : car c’est du présent que nous avons conscience, […]

L’expression « intuition atomistique » est une surprise ; elle est déconcertante. En effet, nous savons les bougés qu’a connus le mot « intuition » au cours de l’histoire de la philosophie, et selon les langues : le mot vient du latin, « intuitus », et dans son sens originel, il désigne l’équivalent pour l’esprit, d’une vue par les yeux. Or que voyait l’esprit, […]