Selon le poète, « la rose est sans pourquoi : elle fleurit parce qu’elle fleurit ». Il semble cependant qu’il en aille autrement des actions humaines. Il arrive ainsi qu’ayant agi d’une certaine manière, nous nous demandions si nous avons bien ou mal agi. Il arrive aussi que, croyant avoir bien agi, nous nous demandions si nous sommes « fondés » à le croire : nous cherchons alors à justifier notre croyance. Nous pouvons, pour cela, nous contenter d’invoquer nos sentiments ou notre situation du moment ; mais nous pouvons aussi nous mettre en quête d’une raison propre à convaincre quiconque que nous devions agir ainsi. Si cette quête aboutissait, alors le jugement que nous portons sur notre conduite serait universel et nécessaire ; et il en irait de même, plus généralement, du sens de ces mots : « bien » et « mal ».

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