Dans l’Appendice au Traité de la nature humaine, Hume écrit de l’ “ opération de l’esprit qui élabore la croyance à un fait ” qu’elle est “ l’un des plus grands mystères de la philosophie, bien que personne n’ait été jusqu’à soupçonner qu’il y eût une difficulté quelconque à l’expliquer 1 ” – et il ajoute qu’il y trouve, quant à lui, une grande difficulté. Dans le texte du livre I, en revanche, le lecteur rencontre, sur le même sujet, des formules de satisfaction philosophique plus courantes chez l’auteur, qui estime avoir donné une “ définition conforme au sentiment et à l’expérience de chacun 2 ”, des “ arguments convaincants 3 ” et des “ preuves concluantes 4 ”, bien qu’il juge en ce dernier endroit que sa théorie est nouvelle et inhabituelle, de sorte que, en vertu même de ses thèses sur le rôle de la coutume dans la croyance, elle pourrait être mal reçue, c’est-à-dire être reçue comme proprement incroyable. Interrogeons-nous sur cette théorie de la croyance en suivant son élaboration dans quelques chapitres de la troisième partie du livre I, et cherchons à en déterminer les difficultés, à partir du texte de l’Appendice. “ Difficulté à expliquer ”, dit-il : assez naïvement, nous supposerons que cette difficulté peut provenir d’une complexité ou d’une obscurité de l’objet, la croyance ; qu’elle peut dériver des moyens à disposition pour expliquer, autrement dit du langage, dont Hume se dit souvent insatisfait. Nous y ajouterons une autre éventualité, propre à une notion qui se trouve ici importée en théorie de la connaissance et que l’on sait plus importante dans d’autres sphères (théorie de la religion ou esthétique, par exemple). En bref, qu’y a-t-il de difficile avec la croyance ? L’expliquer ? La définir ? En soutenir la diversité ?

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