Lorsqu’on aborde les écrits de Scheler, on aperçoit assez rapidement qu’ils sont traversés par trois thèmes qui caractérisent sa pensée. Ces thèmes, nous nous proposons de les étudier, non dans l’intention de donner de chaque thème un aperçu détaillé, mais en vue de mettre en relief leur originalité et leur cohérence. Notre attention portera sur la période de maturité qui s’étend de 1912 à 1921, car cette période est la plus productive de toutes et aussi la plus cohérente. Les grands thèmes scheleriens de valeur, de personne et d’amour ont été développés à cette époque qui comprend notamment les écrits suivants : Der Formalismus in der Ethik und die materiale Wertethik (1913-1916), Wesen und Formen der Sympathie (1913), Vom Umsturz der Werte (1915), Schriften aus dem Nachlass. Bd. 1. Zur Ethik und Erkenntnislehre (écrits posthumes parus pour la première fois en 1933, mais élaborés entre 1912 et 1916) et Vom Ewigen im Menschen (1921). Nous y joignons l’essai Liebe und Erkenntnis (1915) qui paraît maintenant dans Schriften zur Soziologie und Weltanschauungslehre.

De tous les thèmes, nous prêterons particulièrement attention à celui d’amour, car il fonde et explique tous les autres. Il est, pourrons- nous dire, le nœud de toute la philosophie de Scheler. Certains auteurs, comme M. Frings, ont vu l’importance de ce thème et y ont fortement insisté.

https://www.persee.fr/docAsPDF/phlou_0035-3841_1971_num_69_1_5588.pdf