Les discussions en éthique médicale aussi bien que dans d’autres domaines mobilisent sans cesse la notion de personne – associée généralement à une autre : celle de dignité. Parler de la « dignité de la personne », c’est attribuer à celle-ci une valeur intrinsèque ; c’est supposer donc qu’elle vaut indépendamment de ses actions ou de son utilité sociale. Mais qu’est-ce qu’une personne ? Et quel est le fondement de sa dignité ? On peut s’étonner que ces questions soient rarement posées ou qu’elles n’appellent qu’une réponse de principe. Dans le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, il n’y a pas d’entrée pour la notion de personne : le point central de toute éthique et de toute philosophie morale est un point aveugle. Il en est de même de la notion de valeur lorsqu’on l’attribue à la personne.

Documents joints