Exposé de Francis Wolff dans le cadre des Lundis de la Philosophie 2017-2018, pour la première séance de l’année universitaire.

Un agent est libre s’il peut être tenu pour cause de certains événements qui, par là même, ne sont plus des événements mais des actions, les siennes. Corrélativement ces actions sont libres si, au contraire des événements qui sont causés par d’autres événements, elles n’ont d’autre cause que le sujet lui-même. Nous montrerons que, pour qu’une action soit libre, il faut qu’elle ne soit pas seulement l’effet d’un désir conscient, mais d’un désir de second ordre, autrement dit d’une volition. Un désir est un événement de conscience, qui, en tant que tel, est causé par d’autres événements mentaux ; mais une volition est un acte de conscience d’un sujet qui n’a d’autre cause que le sujet lui-même.Nous montrerons qu’une telle structure « plissée » de la conscience est rendue possible par la structure prédicative (S est P, S n’est pas P) et indicative (je te dis que) du langage humain.

Nous montrerons enfin qu’une telle définition de l’action libre permet de rendre raison des caractéristiques classiquement prêtées à la volonté et à la liberté. La volonté est opposée aux désirs occurrents. Elle suppose la négation. La liberté se connaît sans preuve puisque nous la sentons en nous ; elle est la source de la responsabilité morale et de la responsabilité juridique dans les systèmes rationnels de Droit : c’est pourquoi elle comporte des degrés. Enfin on explique pourquoi l’action libre est souvent décrite comme contrariant le déterminisme naturel.

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