Les hommes et les femmes qui sont atteints dans l’intégrité de leurs facultés physiques ou intellectuelles revendiquent d’être reconnus comme des personnes. Il s’agira de montrer en quoi, au regard de l’histoire de ce concept, cela est à la fois essentiel et problématique. Après que le stoïcisme et le christianisme, ont tenté de l’arracher à toute appréhension hiérarchisante pour affirmer l’égale dignité de toutes les personnes humaines, une certaine orientation de la bioéthique, réduisant la personne à sa dimension consciente et rationnelle, utilise à nouveau ce concept pour frapper de discrimination ceux qu’elle juge ne pas être des personnes. Ceux que l’on appelle les « handicapés mentaux », sont alors prioritairement menacés. Quant aux hommes et aux femmes « handicapés physiques », s’il leur importe d’être reconnus comme des « personnes », cela suffit-il pour qu’ils soient entendus dans l’ensemble des revendications qui sont aujourd’hui les leurs ? Faut-il donc redéfinir ou abandonner la notion de personne pour répondre à leur légitime exigence de respect ?

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