La réception française d’Adorno a longtemps été dominée par « l’esthétique » sinon par la « musicologie », et l’on cherche aujourd’hui à mettre en évidence l’ampleur de la problématique « philosophique » qui aurait été oubliée. Mais qu’entend-on alors par « philosophique » ? Dans quelle mesure peut-on distinguer la « philosophie » et « l’esthétique » comme deux domaines distincts? Cette question se pose de façon aiguë dans le cas d’Adorno qui a consacré une part importante de son œuvre à des monographies sur des compositeurs ou à des études de sociologie de la musique. Or les monographies sur les compositeurs ne se distinguent pas formellement des monographies sur les philosophes. Sont étudiés dans les deux cas des systèmes de pensée individualisés, en rapport au tout de la société dont ils sont le produit.

Et l’on peut bien distinguer entre des objets-figures qui appartiennent à l’histoire de la philosophie et d’autres à l’histoire de la musique, Adorno appréhende ces systèmes suivant une même méthode et une même écriture.

http://www.caphi.univ-nantes.fr/IMG/pdf/olivier_adorno.pdf