La fin de la Troisième Méditation présente un mouvement de pensée complexe. D’un seul geste, Descartes résume la seconde version de la preuve de Dieu par les effets (moi qui ai l’idée de Dieu, je tiens nécessairement mon existence de ce Dieu même dont j’ai l’idée) et pose les bases de la méditation suivante (ce Dieu dont j’ai l’idée, et qui nécessairement existe, étant souverainement parfait, il est évident, satis patet, qu’il ne peut être trompeur : il faudra donc chercher les causes de l’erreur ailleurs qu’en lui). Mais, en même temps qu’elle récapitule et annonce, cette fin de la Méditation marque un arrêt : c’est la fameuse station dans la contemplation de Dieu – laquelle, dans la construction savamment symétrique de ces Méditations entières, marque le point culminant d’une démarche ascendante, à partir de laquelle l’esprit pourra lentement redescendre vers les choses matérielles et vers l’usage des sens.

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