Le Supplément au Voyage de Bougainville est le point d’aboutissement d’une critique menée à l’encontre de toute absolutisation de la norme morale, au travers de la confrontation des « codes » civil, religieux et naturel. Les individus, comme les constellations de jugement qu’ils forment, sont passés au crible d’une écriture digressive qui démonte les mécanismes idéologiques de l’agir. Les institutions écclésiales sont mises à mal, cela va de soi, en raison des atteintes qu’elles portent à la liberté individuelle. Pourtant, Diderot dépasse une visée polémique, par trop démonstrative, pour faire de l’écriture dialogique, construite sur deux niveaux, le lieu d’une exploration des conditions d’application de la « loi naturelle » dans le champ de la morale et, partant, du politique.

https://journals.openedition.org/cultura/2456