En 1746, la publication des Pensées philosophiques confirme avec éclat que le 18e siècle est celui de la philosophie. Aussitôt les autorités réagissent. L’arrêt de la Cour du Parlement daté du 7 juillet condamne au feu l’opuscule de Diderot ainsi que l’Histoire naturelle de l’âme de La Mettrie, arguant qu’il n’est plus possible de garder le silence devant ces « objets dont le scandale ne saurait se dissimuler et qui exigent par eux-mêmes l’animadversion publique ». Si La Mettrie se voit reprocher de vouloir « sape[r] les fondements de toute religion et de toute vertu » en réduisant la pensée à une forme de mouvement très subtil de la matière, l’auteur des Pensées philosophiques est bien plus sévèrement jugé : « Que l’autre […] présente aux esprits inquiets et téméraires le venin des opinions les plus criminelles et les plus absurdes dont la dépravation de la raison humaine soit capable, et par une incertitude affectée, place toutes les religions presque au même rang, pour finir par n’en reconnaître aucune ; que la sainteté de la religion, et le plus sensible intérêt de la société civile sont également offensés par des attentats si coupables ; que quiconque ose attaquer avec cette audace ce qu’il y a de plus sacré ne peut plus être retenu par aucun frein ; et que c’est devenir l’ennemi du genre humain que d’annoncer aux hommes pour toute règle de leur conduite leurs seules passions » 

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