L’article est centré sur le choix et l’exploitation du terme « rêve » chez Diderot. Il tente d’examiner comment un parti pris lexical net (l’emploi exclusif du mot « rêve » au détriment de « songe ») relevant d’un parti pris philosophique (un monisme physiologique récusant tout dualisme spiritualiste) va de pair avec une spéculation poétique qui semble pour une bonne part induite par le champ sémantique du terme. Parce que le mot « rêve » désigne à la fois l’activité inconsciente du cerveau, l’extravagance mentale, la distraction et la pensée profonde, il se prête à des fictions spéculatives (dont la plus aboutie est le Rêve de D’Alembert) sur les possibilités heuristiques des mécanismes oniriques. Cependant ces fictions ne se limitent pas à un libre jeu conjectural : en présentant l’hypothèse comme réalisée, Diderot s’emploie à susciter l’adhésion.

https://journals.openedition.org/rde/75