Le concept de « mémoire collective », issu des réflexions pionnières de Maurice Halbwachs sur les «cadres sociaux de la mémoire » (1925), après avoir suscité un vif engouement à partir du milieu des années soixante-dix, est aujourd’hui assez largement mis en question. Il ne serait que métaphore, fiction sociologique voire idéologie d’essence totalitaire. Pour une autre part cependant, la notion de mémoire – dans sa dimension sociale ou collective- est devenue familière et, partant, évidente. Objet de nombreux travaux en sciences sociales, elle n’est plus guère interrogée et ce d’autant moins qu’elle mobilise depuis plusieurs décennies l’intérêt des acteurs sociaux, politiques, associatifs, médiatiques, voire ordinaires, s’il convient de désigner ainsi tous ceux qui accordent une valeur à leur histoire ou à celle de leur famille, s’intéressent au passé de leur quartier, de leur village, de leur ville ou de leur région, à la conservation et à la transmission de celui-ci.

L’inventaire des définitions, explicites ou implicites, dans les travaux de sciences sociales ou dans les débats publics, met cependant au jour la très grande fluidité voire l’extrême polysémie de cette notion.

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