Spinoza n’est pas un érudit, formulant des règles d’une nouvelle méthode d’interprétation de la Bible, afin de faire progresser les sciences humaines. Son but principale, dans le Traité théologie-politique, n’est pas d’établir dans quelle mesure les textes de l’Ecriture sont authentiques, ni quelles déformations ils ont pu subir au cours des siècles, ni quel est leur sens exact. Les cinq chapitres consacrés à l’interprétation de l’Ecriture, aux conclusions qui peuvent être tirées de la critique externe et interne des textes de l’Ecriture, répondent à un dessein bien plus vaste, un dessein purement philosophique.

Il s’est expliqué là-dessus dans la lettre XXX à Oldenburg. Sans mépriser, ni plaindre les autres hommes qui vivent et meurent pour des biens illusoires, il se propose, quant à lui, de vivre pour la vérité et par la vérité. Rechercher la connaissance vraie, aliment indispensable à une vie heureuse, en accord avec le plus grand nombre de personnes possible, tel est but de sa méditation.

Or l’accomplissement de ce dessein se heurte au prestige et à l’insolence abusive des théologiens…

https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_1962_num_42_1_3683