Aristote et la question du langage animal

Pour qui camperait sur des positions cartésiennes, « révisitées » par Chomsky, le problème annoncé par le titre de cette étude devrait tenir du « faux-problème » tant il est vrai que si les animaux, ou du moins certains d’entre eux, parviennent à exprimer leurs affections, voire à communiquer quelque chose à leurs congénères, ces diverses manifestations ne sauraient être tenues pour un langage digne de ce nom, et surtout pas pour le signe que certains aient quelque raison. C’est à tel point vrai que l’on peut se demander si bon nombre de linguistes contemporains, ou de philosophes émules de Descartes, ne raffinent pas leur définition du langage à la seule fin d’en exclure les animaux dont il semble bien que l’éthologie moderne parvienne à établir qu’ils satisfont pourtant à certains des critères établis par les linguistes. Quelles que soient les fins auxquelles il puisse servir, l’enjeu d’un tel débat est celui de la spécificité humaine. Aussi, étant donné le poids polémique d’une telle question, peut-être n’est-il pas mauvais de remonter à l’une de ses principales sources: Aristote.

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