Mon intention n’est pas ici de recenser cet ouvrage, ni même de procéder à une étude critique. Il me suffit d’indiquer sa fécondité. Pour cela je renonce à en présenter les différentes idées, fût-ce en les ordonnant systématiquement (ce qu’elles ne sont pas dans l’ouvrage lui-même); je me limite à essayer de saisir l’intention profonde de cet ouvrage, ce qu’il veut nous faire comprendre. C’est dire que, ce faisant, j’interprète nécessairement la pensée explicite de l’auteur envisagé; mais je crois que cette méthode permet mieux d’entrer dans son fond implicite.

Pour mieux servir ce dessein, je place ci-dessous la pensée de Lohmann en parallèle avec celle, mieux connue ici, d’Ansermet. La rencontre peut surprendre : que peuvent bien avoir à se dire un professeur de linguistique générale de Fribourg en Brisgau et un chef d’orchestre vaudois habitant Genève ? Tous deux, en réalité sont, chacun à sa manière, des élèves de la phénoménologie; tous deux, de surcroît, cherchent à percer les mystères du langage — du langage articulé et des langues d’une part, du langage musical d’autre part. Or le fait est —et c’est un fait surprenant— que non seulement il y a entre ces deux auteurs convergence d’intention, mais convergence dans les thèmes eux-mêmes qui sont mis à jour. Partant de leur intention profonde, ressaisie à sa source même, les pages ci-dessous veulent marquer la convergence des thèmes traités, et l’unité de vision sur certains thèmes particuliers.

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