Ces dernières années, en certains milieux dont le mot d’ordre était « la différence », de quelque manière qu’on en présentât l’orthographe, il fut souvent question d’ontologie et de théologie, ainsi que de l’étrange destin qui, pour le pire plutôt que pour le meilleur, les avait unies dans l’essence ou quasi essence de la métaphysique occidentale. Je me garderai d’entrer à nouveau dans des querelles qui sont parfois moins d’ « école » que de chapelles plus ou moins ardentes, ou de me prononcer, en une sorte de jugement dernier, sur l’avenir qu’elles souhaitaient ouvrir à la « pensée » philosophique. Il me paraît plus utile, faisant un « pas en arrière », de s’interroger sur ce que fut, et ce que représentait, dans un autre milieu, fort éloigné du nôtre, où l’intrépidité de la réflexion se joignait, sans artifice, à la ferveur d’une spiritualité vécue, la distinction, je préférerai dire : l’écart, entre l’être et l’un: écart que je désigne par l’expression « différence méontologique ».

https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1985_num_83_57_6341