La phénoménologie possède désormais une histoire, son histoire, qui n’est peut-être pas achevée et qui obéit à sa logique interne. Celle-ci préside à son déroulement : on peut affirmer que le développement de la phénoménologie consiste en grande partie dans le retournement de la postérité husserlienne contre le virage transcendantal que Husserl a donné à la phénoménologie. Si beaucoup de philosophes sont devenus phénoménologues à la lecture des Recherches logiques, la plupart se sont détournés de l’infléchissement idéaliste institué par Husserl, probablement dès 1903 , qui apparaissait déjà en 1907 dans L’idée de la phénoménologie , et qui est explicitement posé en 1913 lors de la publication des Ideen I . Selon un apparent paradoxe ces penseurs n’ont pourtant pas abandonné leur foi phénoménologique. Si Husserl leur paraissait insuffisant il n’en allait pas de même pour la phénoménologie. Elle restait au contraire la vraie voie philosophique mais c’était précisément Husserl qui, à leurs yeux, l’avait trahie par l’institution de l’idéalisme transcendantal.

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