Le médecin, en effet, en principe, réagit contre le risque d’omnipotence des techniques, qui le transformeraient en un ingénieur, alors qu’hier il a été le confident (la célèbre relation médecin – malade, le fameux colloque singulier), et surtout celui qui a appris à écouter le patient et son corps même, ce corps qui parle. Le médecin a tenu le rôle d’interprète et voici que ce rôle lui est maintenant contesté.

Je le reconnais volontiers, si les symptômes et les pré-symptômes ne nous alertaient pas, il n’y aurait pas de médecine. La médecine ne pourrait pas commencer. Je ne nie pas l’importance des commencements, mais j’entends, dans les 29 minutes qui m’ont été accordées et que je ne dépasserai pas, montrer qu’il faut les intégrer à un ensemble plus vaste.

Qu’est-ce, au fond, que la médecine, sinon l’opération par laquelle un dedans corporel trouble, incertain, trompeur, va être projeté au¬ dehors, extériorisé et susceptible d’être lu ? C’est dans la visibilité que, vraiment, il faut définir l’acte médical majeur. À cet égard, on doit comprendre que la médecine n’a cessé de remplacer les symptômes indi¬catifs d’un malaise, par des signes, les signes physiques, qui fondent vraiment le diagnostic, la vraie connaissance de la maladie.

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