L’épochè de la parole (la parole soustraite de Heidegger)

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Au Dasein, il ne manque certainement pas la parole, même si le phénomène de la parole ne reçoit pas de la part de Heidegger tout d’abord dans Etre et Temps l’analyse qu’il consacre aux existentiaux fondamentaux : le phénomène de la parole est fondé sur la compréhension de l’être et l’affection. Pourtant le parler qui le fonde est « existentialement cooriginaire avec l’affection et le comprendre ». Seulement l’analyse de la parole ne se déploie qu’au § 34, après que Heidegger a analysé l’affection et le comprendre, après même le § 33 où est analysé le phénomène de l’explicitation comme appropriation de la compréhension, phénomène pourtant postérieur à l’articulation de la compréhension qu’est le parler. Etre et Temps a commencé ainsi par une certaine soustraction de la parole, ou du moins par une relative soustraction méthodologique de la parole pour ne la faire apparaître comme thème qu’au § 34:

« Que la parole ne devienne que maintenant notre thème, cela doit indiquer que ce phénomène a ses racines dans la constitution existentiale de l’ouverture du Dasein. Le fondement ontologico-existential de la parole est le parler. De ce phénomène, nous avons fait un constant usage au cours de nos interprétations de l’affection, du comprendre, de l’explicitation, de l’énoncé, et pourtant nous l’avons en même temps pour ainsi dire, soustrait à l’analytique thématique ».

https://journals.openedition.org/alter/1401