La pensée d’al-Fârâbî (259/872-339/950): son rapport avec la philosophie ismaélienne
Abu al-Nasr Muhammad Ibn Tarkhân al-Fârâbï naquit à Wasïj, dans le territoire de la ville de Fârâb en Transoxiane, en 259/872. Il descendait d’une famille turque, mais Ibn Abi Usaybi’a écrivait qu’il était d’origine persane Al-Fârâbï aurait écrit la majorité de ses livres à Baghdad. Il fut initié à la logique par Abu Bishr Mattâ Ibn Yunis (m. 328/940), le célèbre traducteur du syriaque en arabe. Il a poursuivi ses études de logique sous la supervision du philosophe et médecin chrétien Yuhannâ Ibn Haylàn (m. 308/920). À la fin de sa vie, il vivait à Damas où il était gardien d’un jardin, lisant la nuit à la lumière de sa lanterne. Al-Fàràbi serait allé rencontrer à Alep, le prince(amïr) des Hamdànides, Sayf al-Dawla (Abu al-Hasan ‘Alï Hamdân, m. 357/967), qui appréciait sa compétence en science. Ce dernier appartenait lui- même à une famille arabe shi’ite. Il était le plus important dirigeant de Syrie, favorable à la cause ‘alide, reconnu pour ses activités militaires et pour la protection qu’il accordait à plusieurs savants. Sa cour était devenue un foyer de poésie arabe où s’épanouissaient des poètes comme Abu al-Tayyib al-Mutanabbi (m. 354/965) et Abu Firâs al-Taghlibi (m. 358/968). Il admirait al-Fârâbi en raison de sa connaissance de plusieurs langues et de ses talents de musicien ; il lui aurait accordé une pension. Al- Fàràbi mourut à Damas en 339/950.
Al-Fàràbi est reconnu comme le fondateur de la tradition philosophique musulmane. Au Moyen Âge, dans l’Occident latin, il était connu sous les noms d’Alfarabius ou d’Avennasar. Il reçut plus tard en Europe le titre de Magistersecundus, après Aristote considéré comme le Magister primus.
https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1999-v55-n3-ltp2165/401256ar.pdf


