Œuvre majeure de Theodor W. Adorno, les Minima Moralia ont déjà connu une réception riche en Allemagne. En France, elle est beaucoup plus récente. L’année 2020 semble marquer un tournant. Le nom d’Adorno apparaît pour la première fois au programme de l’agrégation de philosophie. Cette forme de consécration par l’institution sanctionne l’écho renouvelé que connaît aujourd’hui la pensée du philosophe. Elle est aussi l’occasion d’interroger les modalités de la réception de l’ouvrage, de son transfert et de sa traduction en France. La spécificité des recherches en cours à l’UPJV est qu’elles envisagent les Minima Moralia à travers leurs objets sociaux singuliers, en tant qu’ils traduisent une crise contemporaine des formes de vie dans le contexte du capitalisme avancé. Ces travaux s’inscrivent bien dans une tradition ancienne, dite « socio-critique », de la lecture d’Adorno. Mais la fidélité à cette approche amène à reconsidérer le texte à l’aune de son écho social contemporain. Il s’agit d’examiner l’œuvre à partir de certains de ses thèmes encore peu étudiés : la notion de forme de vie, les figures de la féminité en temps de crise du capitalisme, l’interrogation sur les mutations sociales concomitantes de cette crise, notamment en tant qu’elles affectent l’amour et la sexualité. La journée de recherche sera l’occasion d’engager un dialogue entre ces lectures socio-critiques et l’approche qui interroge plus généralement la nature du geste moral d’Adorno, propre à la forme esthétique singulière des Minima Moralia.

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