Il semblerait être de bonne méthode, si l’on veut s’enquérir de ce qu’est la métaphysique, de commencer par le premier texte qui porte ce titre, à savoir la Métaphysique d’’Aristote. Mais le résultat auquel conduira cette méthode (qui voudrait connaître la chose par son commencement) sera plutôt le renoncement à la métaphore fautive qui représente l’histoire comme un déroulement linéaire et continu. Dans le cas contraire, on risque la méprise. En effet, les textes regroupés sous le titre de Métaphysique sont d’Aristote mais leur titre est donné par Andronicos de Rhodes; rien n’assure que le titre convienne aux textes. Il n’est pas même assuré que « métaphysique » soit la qualification d’un contenu : ce pourrait être plutôt l’indication de l’ordre — postérieurs aux écrits physiques — des écrits ainsi désignés dans le catalogue d’Andronicos. De fait, Aristote lui-même ne désigne jamais du terme de « métaphysique » la science qu’il recherche dans les écrits regroupés, par un autre, sous ce titre. La métaphysique est donc une discipline introuvable dans son texte original.

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