Conférence Michel Arrivé

Pour commencer, une note d’actualité nous permettra de situer le problème. Un numéro tout récent du Nouvel observateur, le numéro double de la fin de l’année 2011 et du début de l’année 2012, publie un entretien avec Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, sur « 1966, année théorique ». 1966, c’est en effet l’année qui voit paraître à peu près simultanément plusieurs livres importants, qui ont marqué l’histoire du structuralisme. Ils ont contribué à ce qu’on a appelé, assez justement, le « triomphe du structuralisme », sans savoir, à ce moment, que ce « triomphe » serait en somme très bref. Compagnon cite quelques-uns de ces grands livres : les Écrits de Jacques Lacan, Les mots et les choses de Michel Foucault, la polémique de Roland Barthes avec Raymond Picard. Il omet toutefois de citer deux livres importants : les Problèmes de linguistique générale d’Émile Benveniste et la Sémantique structurale d’Algirdas-Julien Greimas, qui paraissent aussi en 1966, de façon, certes, moins spectaculaire que les précédents. Mais cet oubli est intéressant et significatif : il marque l’occultation des fondements linguistiques du structuralisme, geste assez fréquent. J’en reparlerai peut-être plus tard.

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