« Sceptique ? Est-ce qu’on est sceptique ? » La question n’est pas une dérobade. Quand il l’oppose aux raisonnements de D’Alembert, le philosophe Diderot sait très bien qu’on ne vient pas si facilement à bout des arguments qui mènent au scepticisme. Il se contente d’affirmer, pour l’avoir éprouvé, que la vie passe outre aux objections de l’esprit. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le personnage du Sceptique l’a occupé et troublé pendant plusieurs années, c’est que le scepticisme a représenté pour lui beaucoup plus qu’une simple tentation. C’est que Diderot, s’il a fini par s’éloigner du Sceptique, l’a tout d’abord adopté comme partenaire, et même comme porte-parole

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