I. Les dialogues de jeunesse
A. Morale.
L’intérêt premier de Platon pour l’éthique et la politique lui vient de son éducation aristocratique et de l’influence de Socrate.
Le Premier Alcibiade présente Socrate en dialogue avec un jeune athénien ambitieux qui veut se porter au pouvoir. Socrate fait valoir que celui-ci n’a de sens que comme capacité d’action, laquelle n’est efficace qu’à savoir quelle fin elle vise et quelle règle lui permet de l’atteindre. En politique, cette fin s’appelle la justice, qui suppose la concorde entre les citoyens, laquelle a pour condition leur amitié.
La définition de cette amitié présente une difficulté.
Il y a d’abord une dialectique sociale de l’amitié. Selon le Premier Alcibiade, elle suppose que chacun fasse ses propres affaires de façon à ne pas nuire à autrui. Mais la cité est une communauté, et, selon le Criton, les lois sont des règles communes faites pour régler des biens qui sont communs à tous. Mais il y a aussi une dialectique personnelle de l’amitié, car elle-mêmeimplique la communauté : selon un dicton cité par le Lysis, « les affaires des amis leur
sont communes ». Enfin il y a une dialectique essentielle de l’amitié, exposée dans ce même…

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