Le lecteur trouvera ci-dessous des remarques se rapportant aux dialogues suivants : Gorgias, Ménon, Phédon, Cratyle, Théétète, Phèdre, Sophiste. Gorgias.
Trois remarques d’introduction.
1/ Dans le Gorgias, d’une façon beaucoup plus nette que dans d’autres dialogues, la pensée de Platon porte sur la réalité politique d’Athènes et de la Grèce qui lui est contemporaine ; cette réalité politique se caractérise, à partir du milieu du 5 e s. par l’apparition des sophistes et des rhéteurs.
La rhétorique, c’est le savoir-faire de l’orateur (qui parle devant les assemblées et les tribunaux et cherche à peser sur les décisions qui y sont prises) et du rhéteur (qui enseigne à parler d’une façon convaincante et à faire prévaloir un avis sur la question débattue) ; c’est pourquoi larhétorique est au centre de la réalité politique de l’Athènes de la fin du 5 e et du début du 4 e s. av. JC et engage de multiples questions concernant le juste et l’injuste, le bonheur ou le malheur de la cité, et l’éducation, la formation, la paideia.
Quant à la sophistique, elle se distingue de la rhétorique (bien que souvent elle lui soit liée) en ce qu’elle a une certaine prétention au savoir et se présente comme un art de la discussion, liée à l’art de la polémique. Il y a là donc des pratiques différentes mais qui souvent se chevauchent ou même tendent à s’identifier; d’où, au début du dialogue, une exigence de délimitation et de définition. Socrate demande à Gorgias : quel est le nom de la pratique dans laquelle tu prétends être un expert ? Et la réponse de Gorgias montre qu’il ne se considère pas seulement comme un orateur et un professeur de rhétorique, mais aussi comme quelqu’un qui peut répondre à toute question qui puisse lui être posée c’est-à-dire comme un sophiste. On se souviendra d’ailleurs que les doxographes antiques attribuent à Gorgias un Traité du non-être et de la nature, dans lequel Gorgias montre que l’acte du langage ne peut consister à penser l’être, que l’être ne peut pas être pensé.

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