« Je me représente la chose par l’idée : tels sont les trois pôles de la notion de représentation dans son effectuation : moi comme res cogitans ou sujet de la représentation ; le procès de représentation, relation spéculaire avec la chose, l’idée dans laquelle la chose est présente à la pensée. » Louis Marin, DP, p. 28.

Voilà le dispositif minimal.

Evidemment, il est si général en un sens qu’on peut, avec les stoïciens, considérer qu’existent en nos esprits des « représentations » (fantasiai), que nous avons la faculté de juger, dont nous devons bien user ; dont certaines sont « compréhensives » (fantasia kataleptiké) et permettent de connaître, de constituer des savoirs du monde. En un autre sens, on peut, avec Schopenhauer, admettre comme axiome philosophique que pour chaque sujet, le monde est sa représentation : il y a un je pense, donc un moi, qui a des idées, idées qui sont signes des choses ou sont ce que nous sentons des choses (dont l’essence est autre ; Schopenhauer la nomme la volonté). Alors, il est un peu délicat de considérer comme le fait Foucault que le mot « représentation » est ce qui caractérise l’épistémé du 17e s. chez nous. En quoi cette notion serait-elle plus spécialement descriptive d’une configuration temporelle, délimitée du savoir, et même des pratiques de l’art, puisque Foucault appuie son analyse sur Les Ménines et Don Quichotte, descriptive d’une vision du monde singulière? Déjà, cela ne peut s’entendre que par différence entre cette épistémé-là et celles qui la précèdent et lui succèdent ; et puis, il y a peu de chances aussi pour que la notion de représentation puisse se trouver « bloquée » seulement dans le seul dispositif de l’âge classique : peut-être est-ce une dominante significative d’une certaine vision du monde, mais comment ne se trouverait-elle pas aussi pleinement de droit présente, par exemple, dans l’art de peindre « avant » l’âge classique, ou après lui ? Devons-nous faire l’hypothèse qu’alors ce serait plutôt en mineur ?

Il faut laisser ces questions ouvertes. Ouvrir le dossier.

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