Louis Marin :

Etudes sémiologiques, Ecritures, peintures. Klincksieck, 1971 . ES

La critique du discours. ed de minuit, 1975. CD.

Détruire la peinture, 1977, champs Flammarion. DP

Le portrait du roi, éd de Minuit, 1981. PR

Opacité de la peinture, 1989 ; réed Ed de l’école des hautes études. OP

De la représentation, 1994. R

Politiques de la représentation, éd Kimé, 2005. PR.

I. Que dit le dictionnaire ?

« On trouve dans le dictionnaire de Furetière, à la fin du XVIIe s, à l’entrée du verbe représenter, une remarquable tension qui met en travail son sens.

A. Représenter signifie d’un côté substituer un présent à un absent – ce qui est, pour le dire en passant, la structure la plus générale de tout signe qu’il soit de langage ou d’image – substitution qui se trouve réglée —nature ou convention — par une économie mimétique : c’est la similarité postulée du présent et de l’absent qui autorise l’opération de substitution.

B. Mais il est une autre signification selon laquelle représenter signifie exhiber, montrer, insister, présenter en un mot une présence. Dès lors c’est l’acte même de présenter qui construit l’identité de ce qui est représenté, qui l’identifie.

D’un côté, une opération mimétique qui assure le fonctionnement, la fonction, voire la fonctionnalité d’un présent au lieu d’un absent. De l’autre, une spectacularité, une auto-présentation constitutive d’une identité, une auto-identification qui assure une légitime valeur de beauté.

En d’autres termes, représenter signifie se présenter représentant quelque chose et toute représentation, tout signe ou procès représentationnel comprend une double dimension – dimension réflexive : se présenter ; dimension transitive : représenter quelque chose – et un double effet : l’effet de sujet et l’effet d’objet.. » (R, p. 254-5)

Pour le premier effet, on a proposé le mot opacité ; pour le second, le mot transparence. Par exemple en peinture.La tendance spontanée du spectateur est de privilégier la transparence : qu’est-ce qui est représenté ? Scène, paysage et puis l’histoire qui est récit, qui nomme les objets peints (voici la crèche, le bœuf et l’âne, Joseph, Marie, le petit Jésus….c’est une nativité) : on se met à décrire. Il peut ne pas assez percevoir « l’opacité » de la peinture : ce qu’elle est, elle, dans sa singularité. Mais n’y a-t-il pas une « opacité » de la peinture ?

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