Sur la possibilité de définir une image de Dieu qui soit elle-même une image divine, c’est-à-dire non séparée substantiellement de ce dont elle est l’image, la défense d’une théologie trinitaire au premier siècle du christianisme officiel (le IVe siècle) apporte l’une des plus audacieuse et peut-être des plus profondes réflexions théoriques jamais menées sur ce qu’est une image entre la vue et la pensée. Écartons d’emblée le statut équivoque, mi-présence mi-représentation, dont jouissent les images cultuelles dans les pratiques théurgiques ou liturgiques, et entendons-nous, le plus brièvement possible, sur les deux problèmes théologiques fondamentaux concernés par le sujet : la position de l’image dans l’argumentation de l’Incarnation et le rôle de l’image à l’égard du statut de  personne. S’entendre ne signifie pas affirmer une position d’autorité, avoir l’outrecuidante prétention de faire la lumière sur de tels enjeux de la réflexion, mais veut tout simplement montrer les positions théoriques de départ dans l’usage de l’image comme une notion-clef pour la Trinité et souligner qu’il s’agit, évidemment, d’un choix délibéré. Ce choix est déterminé par le rôle que la philosophie avait déjà assigné à l’image à la fois sur le plan dit «ontologique» (en particulier en rapport avec les catégories de la substance et de la relation), et sur le plan discursif où l’image joue de multiples rôles tantôt rhétoriques tantôt logiques, dont ceux de preuve et d’argument sont aussi empruntés par la théologie chrétienne.

https://www.academia.edu/48935870/De_la_réalitédimageà_liconicité_divine_Eikôn_entre_métaphysique_et_théologie_tardo_antique