Quant Freud visite l’Acropole, en 1904, cette visite est ressentie comme une transgression : « nous ne pouvions pas croire, écrit-il trente ans plus tard, que la joie de voir Athènes nous fût réservée ».

Cette remarque nous donne à entendre l’importance des relations de la psychanalyse, avec et après Freud, avec le monde grec.

Dans ce monde grec, je propose que nous nous focalisions sur trois « moments » qui intéressent particulièrement la psychanalyse.

D’abord un univers mythique de héros et de récits légendaires que nous ont transmis Homère, Hésiode et les poètes lyriques.

Puis la tragédie, qui est une certaine mise en forme ou mise œuvre de ce fond mythique, selon une certaine direction

Enfin un domaine qui se présente explicitement comme un exercice de rationalité, de fondation rationnelle du vrai, et où se rencontrent, avec des styles et des finalités différents, les sciences, la philosophie, les règles de l’organisation politique de la cité et la sophistique. On peut l’appeler le domaine du logos.

Ces domaines sont en relation, en interaction complexe :

La tragédie ne serait pas possible sans un fond mythique où elle puise ses figures ; mais en même temps, elle puise de façon sélective, en choisissant certains mythèmes, en en excluant d’autres. Avec cette conséquence qu’il y a peut-être un « oubli » ou un « refoulement » du mythe ou de certains aspects du mythe, dans la tragédie.

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