Quand est-on sûr qu’il s’agit bien de l’inconscient ? Qui vous dit qu’on y est? Ainsi formulerai-je la question qui est au cœur de la construction que je vais exposer.

Cette construction concerne le cas de celui que j’appellerai Philippe le Clair. Comme il y a Thomas l’Obscur il y a Philippe le Clair. C’est son nom de sinthome. Comme le Hardi fut le nom que gagna pour sa vaillance au combat Philippe III de France, le timide fils de saint Louis, ce Philippe que je dis le Clair a gagné son nom de sinthome pour l’extraordinaire clarté du déchiffrage d’un rêve qu’il fit en analyse et qui le réveilla, en proie à une vive soif, dans une clairière au bord d’une fontaine où une licorne l’avait conduit et où, y plongeant comme autrefois ses mains jointes en coupe de fortune, il tentait de puiser l’eau-bjet cause du désir.

Document joint

Note de philopsis : nous nous proposions de republier une partie des actes du fameux VIe colloque de Bonneval sur « l’inconscient », et en particulier la contribution de Jean Laplanche et Serge Leclaire, « Langage et inconscient ». Ce projet n’a pu se réaliser, Les Cahiers Henri Ey ayant acquis l’ensemble des droits et projetant la republication des actes du colloque pour la fin de l’année 2020.

Il est recommandé de lire le chapitre V (« Le rêve à la licorne ») du livre de Serge Leclaire « Psychanalyser ».