Ricœur n’est pas le seul philosophe, loin s’en faut, qui se soit intéressé à la psychanalyse. Mais il est peut-être le seul qui, armé de la « probité intellectuelle », valeur ou qualité qui le caractérise et qu’il évoque souvent, ainsi que de son insatiable curiosité pour toutes les disciplines et tous les travaux qui portent sur le « phénomène humain », se soit si directement affronté à la psychanalyse pour mettre en jeu la « pensée réflexive » par laquelle il définit la philosophie. Il a ainsi mené au long cours une patiente lecture de Freud dont il a scruté l’œuvre,en vue de poursuivre cette tâche qu’il s’était assignée: penser la psychanalyse en philosophe, mais aussi —surtout?— mesurer les effets de la psychanalyse sur la philosophie…

Document joint