En nous fondant sur une série d’études récentes, nous nous proposons d’esquisser une rapide vue d’ensemble de l’histoire de la question de l’Un dans la pensée grecque.

Dans son ouvrage consacré aux origines de la philosophie européenne, Lambros Couloubaritsis a relevé avec insistance le fait que s’est développée en Grèce la question de l’Un. Dès les origines, les Grecs ont proposé des réflexions « fort subtiles » sur l’Un, en fonction du type d’usage que chaque philosophe faisait du problème de l’un et du multiple. Emmanuel Levinas avait déjà évoqué « l’antique privilège de l’unité qui domine la pensée métaphysique de Parménide à Hegel ».

Plutôt que d’avoir entrepris l’étude de l’être, les Milésiens semblent avoir été surtout les pionniers de la recherche de l’Un, en rapport avec la multiplicité des choses et du devenir.

Cette quête de l’Unité est attribuée à Thalès par la doxographie, mais, selon Aristote (Mét. A 986 b 21), c’est Xénophane qui a été le premier « à faire un ». Il tourna, en effet, son regard vers la totalité de l’Univers, qui n’est rien d’autre que Dieu.

De son côté, la pensée pythagoricienne des nombres peut être considérée comme un effort pour donner une structure à la multiplicité, et donc comme tentative de l’organiser sous le point de vue de l’Un.

Mais c’est avec les Éléates que la pensée de l’Un occupe le devant de la scène. 

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