La pensée postmétaphysique peut désigner en philosophie un programme de refondation de la raison (Habermas) — refondation sans fondement métaphysique. Etre postmétaphysique serait la seule possibilité historique de la philosophie moderne (paradigme critique). La philosophie est ou serait encore possible mais seulement dans l’impossibilité de la métaphysique, donc comme une pensée postmétaphysique, désignant dès lors à la fois ce que la philosophie est devenue historiquement et un autre rationalisme qu’elle doit construire, si elle veut, pour rester fidèle à sa vocation, ne s’annuler ni dans les sciences (positivisme) ni dans la « possibilité-refuge » de l’irrationalisme (« comme éclaircissement de l’existence et foi philosophique » (Jaspers), mythe venant compléter les sciences (Kolakowski), pensée mystique de l’Etre (Heidegger), traitement thérapeutique du langage (Wittgenstein), activité déconstructrice (Derrida) ou dialectique négative (Adorno) ».

La métaphysique est certes une certaine histoire et peut-être l’histoire profonde de la philosophie. Cette histoire est évidemment complexe, de sorte qu’il est difficile de réunir sous un même terme (la métaphysique) une si grande variété doctrinale. Mais cette histoire peut, malgré tout, être ramenée à une unité, si l’on considère que la métaphysique consiste avant tout dans une certaine manière de penser. Faire de la métaphysique c’est penser d’une certaine façon. Mais qu’est-ce qui la spécifie en propre ?

Documents joints