Nous ne trouverons aucun rapport, de Plotin à Henri Maldiney, d’influence cachée, comme celle qui lie par exemple Heidegger à Kierkegaard, chez qui la rareté des occurrences masque une inspiration fondamentale. On sait, comme J.L. Chrétien le mentionne dans son « Introduction aux Œuvres philosophiques », que Maldiney a suivi les cours d’Emile Bréhier sur Plotin, en Sorbonne. Or un article de Bréhier semble soulever une question qui pour toute philosophie marquée par l’héritage heidéggérien ne peut passer pour anodine: « l’origine ne peut, comme telle, posséder aucun des caractères que possèdent les êtres à expliquer et à déduire; car elle serait alors une chose parmi les autres choses, un être parmi les autres êtres ». Il semble que, dès lorsqu’il n’est pas question d’une causalité physique et mécanique, c’est-à-dire homogène, la causalité décrit une ambiguïté fondamentale : d’une part le principe ne peut être dit tel s’il n’est possible de marquer aucune hétérogénéité de la cause à l’effet ; de l’autre il faut bien que quelque continuité caractérise la relation des deux termes. Or le concept heidéggérien de « différence ontologique » semble en propre spécifier le premier aspect de ce paradigme. « L’Etre » se définit par le fait que précisément il n’est rien de ce qu’il fonde, rien d’ « étant ». Or  à l’issue de la différence ontologique, l’Etre est identiquement posé comme « Rien », non seulement rien « d’étant », mais « transcendance » comme telle.

https://www.academia.edu/37208414/Au_delà_de_lêtre_et_en_deçà_fondamental_la_transcendance_de_lἀρχή_dans_son_rapportà_lontologie_chez_Plotin_et_Maldiney