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Y a-t-il à se demander pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien?

28 septembre 2016/par Bardou Jacques

Quelle est « la première question qu’on a le droit de faire » ? Ou plutôt, quelle est la première question qu’on a le droit de faire à partir du moment où l’on a posé « le grand principe, peu employé communément, qui porte que rien ne se fait sans raison suffisante» ? Si l’on en croit l’auteur que nous venons de citer, c’est-à-dire Leibniz, cette question est la suivante : « Pourquoi il y a plutôt quelque chose que rien ? » Notre auteur qualifie cette question de « métaphysique » pour désigner le fait qu’elle consiste à «s’élever » au-dessus de la physique : la soif d’explication qui anime la recherche des physiciens débouche sur une question à laquelle la physique est par définition incapable de répondre. Leibniz parle ici de « droit » de poser cette question, et non de devoir ; il ne présente explicitement la question que comme légitime, non comme obligatoire. Cependant, ce qui la rend légitime à ses yeux est qu’elle découle logiquement du «principe » selon lequel « rien ne se fait sans raison suffisante ». Or, face à un principe digne de ce nom, la raison n’a pas d’autre attitude légitime que de s’y soumettre : ne pas reconnaître une loi de la raison serait se renier. C’est donc parce que la question est logiquement obligatoire qu’elle est légitime.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Gottfried-Wilhelm-Leibniz-philopsis-e1604505131835.jpg 479 407 Bardou Jacques https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Bardou Jacques2016-09-28 23:24:372021-10-26 17:04:43Y a-t-il à se demander pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien?

Merleau-Ponty, un philosophe réaliste ?

24 septembre 2016/par Pascal Dupond

Dans son travail philosophique, Merleau-Ponty a tenté de dépasser ce qu’il appelle les «bifurcations » de la pensée métaphysique, en particulier la bifurcation de l’idéalisme et du réalisme. Il refuse d’avoir à choisir entre le réalisme et l’idéalisme. Mais puisque j’ai aujourd’hui le plaisir d’être invité par des philosophes qui défendent les droits d’une philosophie réaliste, je vais souligner les raisons que Merleau-Ponty nous donne d’abandonner l’idéalisme, ou un certain idéalisme, tel qu’il le voyait en particulier se développer chez Kant, ou dans une certaine lecture de Kant (celle de Lachièze-Rey) et chez Husserl.
Cette critique de l’idéalisme est, en un certain sens, un chemin vers le réalisme et c’est sous ce jour que je voudrais présenter l’itinéraire philosophique de Merleau-Ponty.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/philopsis_Merleau-Ponty-e1606497822687.jpg 156 138 Pascal Dupond https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Pascal Dupond2016-09-24 11:10:232021-10-26 17:05:38Merleau-Ponty, un philosophe réaliste ?

Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme »

9 août 2016/par Saint-Sernin Bertrand

Dans le chapitre de Procès et réalité intitulé « Fait et forme », Whitehead met en scène trois penseurs : Platon, Locke et lui-même. Le texte qui est en filigrane, c’est le Timée, et, en particulier, le passage (49 a-53 c) où Platon présente les trois genres de l’être : a) ce qui a une forme immuable ; b) ce qui tombe sous les sens, naît, est toujours en mouvement, naît dans un lieu déterminé, pour disparaître (le perishing de l’auteur) ; c) le troisième genre est le « réceptacle » (chora ou hypodochè) : « Il ne peut mourir et fournit un emplacement à tous les objets qui naissent ».
L’interprétation du « réceptacle » ou de la chora dans Aventures d’Idées montre l’importance de la notion pour Whitehead, car elle est ce qui ressemble le plus à la notion de « créativité ». Il cite Timée 49a qui qualifie le réceptacle de « mère nourricière de tout devenir », disant : « De toute naissance, elle est le support et comme la nourrice ».

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Alfred-North-Whitehead-philopsis.jpg 320 285 Saint-Sernin Bertrand https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Saint-Sernin Bertrand2016-08-09 11:55:112021-10-26 17:03:11Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme »

Peut-on connaître la nature?

28 juin 2016/par Saint-Sernin Bertrand

Avant de nous appliquer au recensement des problèmes qu’évoque l’idée de nature, il convient de dire en quoi le sens de ce mot diffère du sens des mots «univers» et « monde ». Univers (en latin universum) est composé de deux racines : unus et verto, et a pour contraire diversum, participe passé de diverto ou divorto, aller dans des directions opposées, se séparer, divorcer. Dans univers, il y a donc l’idée d’un ensemble qui, en embrassant une totalité, se tourne vers l’unité. Il s’agit d’une unité faite d’une diversité qui constitue une totalité allant vers son unité. L’idée sous-jacente est donc celle d’un lien synthétique, d’une togetherness, dirait Whitehead. On voit donc par quel cheminement universum en est venu à désigner l’ensemble des choses, l’univers.
Dans l’idée de monde, mundus, – dont le contraire est immundus – il y a l’idée de propreté, de parure, et, par-là, l’ordonnance, comme dans le grec kosmos. Mundus signifie aussi le ciel et, plus généralement, la totalité des choses.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/03/Antoine-Cournot-philopsis.jpg 230 200 Saint-Sernin Bertrand https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Saint-Sernin Bertrand2016-06-28 20:59:082026-04-29 08:07:04Peut-on connaître la nature?

L’existentialisme métaphysique de Thomas d’Aquin

26 juin 2016/par Nodé-Langlois Michel

L’étude des textes du Docteur Angélique conduit inévitablement à s’interroger sur la légitimité d’une partie de son entreprise : faire servir la philosophie d’Aristote à la formulation d’une théologie qui était à tous égards étrangère à ce dernier. Fondée sur des Écritures révélées, encombrées de récits cosmogoniques, de fables, et de chroniques historiques, à peu près exemptes de ratiocination métaphysique, cette théologie paraît devoir être mise au nombre des traditions mythologiques auxquelles Aristote oppose sa propre théologie philosophique.
C’est notamment un fait irrécusable qu’Aristote, démonstrateur de l’existence du Premier Moteur immobile, n’a pas professé une théorie de la création du monde. Mais qu’Aristote ne fût pas chrétien n’est qu’un fait, et, à en croire Thomas d’Aquin, la question est précisément de savoir si Aristote aurait pu, voire dû enseigner que le monde est créé par Dieu.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/Thomas-philopsis.jpg 600 900 Nodé-Langlois Michel https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Nodé-Langlois Michel2016-06-26 11:01:392021-10-26 17:17:01L’existentialisme métaphysique de Thomas d’Aquin

Vie et mort dans la Phénoménologie

12 juin 2016/par Ducros Paul

L’histoire de la phénoménologie possède – nous l’avons déjà écrit – sa logique et sa finalité : s’éloigner de Husserl . Presque tout phénoménologue part de Husserl, dont il reprend les concepts, la méthodologie descriptive, mais pour (presque) toujours rompre avec lui. La raison de cette démarcation à l’égard de son initiateur réside, pour la phénoménologie, dans un reproche radical : Husserl ne remplirait pas le programme qu’il s’était pourtant imposé. Le fondateur de la phénoménologie préconise de rompre avec les constructions métaphysiques pour saisir, dans l’immanence même de sa concrétude, l’expérience vécue la plus concrète. Il retombe cependant dans les travers de la métaphysique en instituant, à partir des Ideen I, un idéalisme transcendantal fondé sur un sujet absolu. Rien n’est plus métaphysique que le sujet. Se fonder sur lui ne peut qu’éloigner le penseur de la compréhension interne de l’expérience la plus originaire. Se fonder sur la subjectivité est une rupture avec la phénoménologie.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/05/Heidegger-philopsis.jpg 242 210 Ducros Paul https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Ducros Paul2016-06-12 23:05:332026-04-25 06:06:47Vie et mort dans la Phénoménologie

Introduction lexicale à la pensée de Frege

11 juin 2016/par Piquemal Vincent

Dans cette introduction, on trouvera analysées quelques notions fondamentales sur lesquelles Frege (1848-1925) a déployé sa réflexion. Exemplaire, tant par la clarté de l’exposition que par la rigueur des analyses, cette réflexion est celle d’un philosophe pour qui la recherche du vrai exclut toute forme de concession ou de compromis ; les polémiques qu’il engage avec ses contemporains (J.-S. Mill, Boole, Kerry, Husserl,…), en dépit de leur caractère parfois féroce, toujours incisif, n’ont d’autre motivation que l’exigence de précision conceptuelle et de rigueur que lui-même imposait à sa propre pensée. Le psychologisme fut sa cible principale. Conscient que la vérité n’admet pas de demi-mesure, et que la recherche du vrai est le seul absolu du philosophe, il donna raison aux objections que Russell (1902) lui adressa, et qui concluaient vingt années de labeur consacrées à la fondation logique de l’arithmétique, par un constat d’échec. Dans les pages qui suivent, sont abordées les notions suivantes : Concept, Dénotation, Existence, Jugement, Pensée, Unité, Vérité.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Gottlob-Frege-philopsis-e1605692213421.jpg 436 328 Piquemal Vincent https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Piquemal Vincent2016-06-11 10:07:342021-11-06 09:14:38Introduction lexicale à la pensée de Frege

Faire respirer la vie figurative en soi. Le diagramme comme défiguration des clichés dans la Logique de la sensation de Gilles Deleuze

1 juin 2016/par Catherine Heyvaerts

Penser et créer sont coextensifs. Gilles Deleuze est sans doute de tous les philosophes celui qui a le mieux mis en valeur la parenté de l’activité conceptuelle et de l’activité artistique en montrant comment la science et la philosophie relèvent d’une création aussi bien que l’art. Mais Deleuze distingue ces activités en ce qu’elles ne créent pas les mêmes types de choses. La philosophie crée des concepts, la science des fonctifs, la littérature et la peinture des affects et des percepts. On pourrait presque dire que la pensée est une vie qui se manifeste par la création.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2021/10/gilles-_deleuze_1060620-e1635355037473.jpg 343 322 Catherine Heyvaerts https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Catherine Heyvaerts2016-06-01 23:16:412023-08-25 08:03:30Faire respirer la vie figurative en soi. Le diagramme comme défiguration des clichés dans la Logique de la sensation de Gilles Deleuze

Dans la quiétude de Kreuznach: Marx lecteur des Principes de la philosophie du droit de Hegel

1 juin 2016/par Eustache Kouvélakis

Le texte que, faute d’en avoir le titre originel, à jamais perdu, nous appellerons manuscrit de Kreuznach relève incontestablement d’un paradoxe : ce qui se présente sous les auspices d’un exercice exégétique assez classique, rédigé dans la retraite d’un cabinet d’études, à savoir le commentaire paragraphe par paragraphe de la troisième partie, die Sittlichkeit, des Principes de la philosophie du droit de Hegel, constitue en fait le premier fruit d’une crise multiple, à la fois personnelle, sociale et politique, qui marque cette année 1843 en Allemagne. Il est donc nécessaire d’en dire quelques mots avant de procéder à l’étude du texte proprement dit. L’année qui précède la rédaction de ce manuscrit sonne en effet le glas des espoirs de réforme libérale que l’intelligentsia et l’opinion publique progressistes avaient placé en Frédéric Guillaume IV lors de son accession au trône prussien, en 1840.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Karl-Marx-philopsis-e1605691333979.jpg 786 691 Eustache Kouvélakis https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Eustache Kouvélakis2016-06-01 22:42:082026-06-25 10:24:16Dans la quiétude de Kreuznach: Marx lecteur des Principes de la philosophie du droit de Hegel

Merleau-Ponty: du cogito tacite au cogito vertical

30 janvier 2016/par Pascal Dupond

Le cogito apparaît dans l’œuvre de Merleau-Ponty à trois niveaux de signification.
Il désigne d’abord le « phénomène central » de l’ouverture et de l’évidence du monde, à même la naïveté de la foi perceptive : « tel est le vrai cogito – il y a conscience de quelque chose, quelque chose se montre, il y a phénomène […] » . Cette première signification correspond à ce que Merleau-Ponty appelle dans la Phénoménologie de la perception le cogito tacite.
En un second sens, il désigne une explicitation philosophique, une première articulation « en thèse ou énoncé » de ce phénomène central, celle qui formule l’évidence du monde comme la certitude qu’il y a de l’être, en tant qu’être pour moi.
Enfin il désigne l’interprétation proprement réflexive de l’évidence du monde comme certitude de l’esprit pensant devant et pour lui-même ou, comme le dit Merleau-Ponty, «l’adéquation et le consentement de la pensée à la pensée, la transparence de ce que je pense pour moi qui le pense », l’auto-manifestation d’ « un être qui est pour soi sitôt qu’il est, parce que tout son être est d’apparaître, donc de s’apparaître, – et qui s’appelle l’esprit » .

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/merleau_ponty-philopsis-e1608719395415.jpg 374 320 Pascal Dupond https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Pascal Dupond2016-01-30 12:57:362021-10-26 16:59:30Merleau-Ponty: du cogito tacite au cogito vertical
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