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Vous êtes ici : Accueil1 / Archives Thèmes2 / La logique et l'épistémologie

La connaissance des choses : définition, description, classification

4 avril 2008/par Kirsch Marc

Commençons par les mots. Rien ne va de soi dans l’énoncé proposé. La connaissance des choses ? Tout fait problème, la connaissance comme les choses. Que compterons nous parmi les choses ? Un objet mathématique, Dieu, la mort, une loi physique, un fait social ? Un événement historique ? Si l’on en croit Paul Veyne, « les événements ne sont pas des choses, des objets consistants, des substances ; ils sont un découpage que nous opérons librement dans la réalité […] Les événements n’ont pas d’unité naturelle ; on ne peut, comme le bon cuisinier du Phèdre, les découper selon leurs articulations véritables, car ils n’en ont pas. »

« Les choses » composent un univers indéfini, un chaos de diversité et de différences. L’un des grands défis de la connaissance, c’est d’affronter le divers, de le mettre en ordre, de rendre possible son appréhension et sa compréhension. Si, comme le veut Aristote, il n’y a d’existence que du singulier, et de science que du général, il s’agit donc de passer de la collection des singularités à leur classification ordonnée dans le savoir. Ce qui suppose de passer de la réalité à la représentation, des choses aux mots. C’est tout le problème de la connaissance. Et c’est un vieux débat, en philosophie, de savoir si nous connaissons effectivement des choses, qui ont leur être en dehors de nous, et une unité naturelle autonome, ou si la connaissance n’atteint que des représentations qu’elle a elle-même produites, ou encore selon quelles modalités la connaissance et les choses qu’elles prend pour objet se façonnent mutuellement.

Et qu’est-ce que « la » connaissance ? Qui détient « la » connaissance sur l’or, par exemple : le joaillier, qui en exploite les qualités esthétiques et plastiques ? Le géologue minéralogiste, qui sait identifier les minéraux et rechercher des gisements aurifères ? L’électronicien qui utilise ses propriétés physico-chimiques ? Le physicien ou le chimiste, qui le définissent par sa structure comme l’élément de numéro atomique 79 ? L’économiste, qui y voit un type de placement et une cote en bourse ? Ou bien encore le poète, pour qui l’or est précieux à d’autres titres ? Autant de manières de se rapporter à une chose, d’en avoir une certaine connaissance – qui peuvent très bien s’ignorer mutuellement. Autant de manières différentes de définir, de décrire, et de classer. Dira-t-on que la vraie connaissance est la réunion de tous ces éléments ? Mais qui en est le sujet ? Et que dire alors de la dimension temporelle de la connaissance : Archimède connaissait un certain nombre des propriétés de l’or que nous connaissons aujourd’hui. Il était loin de les connaître toutes : dirons-nous qu’il ignorait ce qu’est l’or ? Et si l’on évoque Paracelse, qui attribuait à l’or des propriétés qui n’ont plus pour nous aucun sens, on en vient à des univers de pensée devenus incommensurables, au sens de Thomas Kuhn, parlant de la succession des paradigmes dans l’histoire de la pensée scientifique. Une interprétation nominaliste de cette idée, selon Ian Hacking , est qu’après une révolution scientifique, le monde des choses singulières ne change pas, mais le monde dans lequel travaille l’homme de science est entièrement différent, parce que ce n’est pas un monde d’individus, mais un monde d’espèces, définies par nos classifications. Ce monde-là change.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/Ian-Hacking-philopsis-e1608050204397.jpg 1332 1362 Kirsch Marc https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Kirsch Marc2008-04-04 18:06:522025-05-04 06:24:06La connaissance des choses : définition, description, classification

Meinong et les niveaux de l’objectivité

3 avril 2008/par Benoist Jocelyn

Il est possible de lire la théorie de l’objet comme un catalogue, dans lequel on trouverait énumérés, les uns à côté des autres, les différents genres d’objectivité. Meinong suggère bien une telle lecture au début du texte, au fil conducteur de l’idée d’universalité (psychologique) de l’intentionalité :

“ Qu’il n’y ait pas de connaissance sans qu’il y ait quelque chose à connaître, plus généralement, qu’il n’y ait pas de jugement, voire de représentation, sans qu’il y ait quelque chose à juger ou qui soit représenté, voilà ce que révèle le plus évidemment ne serait-ce qu’une considération tout à fait élémentaire de ces expériences. ”

Les objectivités considérées apparaissent alors comme autant de genres d’objets, indexés à la diversité qui est celle de la visée d’objet. Il s’agirait, en quelque sorte, de décliner l’intentionalité, suivant ses différents genres et ses degrés de complexité et, en un certain sens, d’irréalité. Dans cette énumération, on pourrait voir tout au plus la gradation d’une ascension et, éventuellement, d’une fondation, tous ces genres ne constituant que des variations sur le thème, plus général, de “ l’objet ”, mais pas vraiment une hiérarchie introduisant une véritable disparité : “ l’objet ” dont il est question dans la Théorie de l’objet, catégorie la plus générale et en un certain sens universelle, dont toutes les objectivités mentionnées (objets de référence simple, objets relationnels ou idéaux en général, Objective) ne seraient que des variantes, ne serait en effet déterminé différentiellement par rapport à rien d’autre, et aurait, purement et simplement, le statut de fourre-tout.
Il n’en est rien pourtant. Il y a un statut logique (ou “ méta-logique ”, au sens de ce qui va supporter même la contradiction) de “ l’objet ”, statut dont la découverte est intimement liée à l’exploration, par Meinong, du niveau de la référence propositionnelle, en contraste par rapport à laquelle le niveau de “ l’objet ” devient seulement assignable.

C’est ce que nous allons montrer.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/Pierre_Duhem-philopsis-e1607957269541.jpg 204 184 Benoist Jocelyn https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Benoist Jocelyn2008-04-03 10:46:022021-11-11 11:55:33Meinong et les niveaux de l’objectivité

Un contenu de pensée peut-il être objectif ? Sens, objet et vérité

29 mars 2008/par Verley Xavier

Frege, considéré souvent comme le fondateur de la logique moderne,
avait une haute idée de la philosophie qu’il a toujours associée directement
ou indirectement à sa réflexion sur les mathématiques1. Voir la philosophie
se rapprocher de la psychologie l’inquiétait car il y voyait un affaiblissement
du pouvoir de la pensée. Le psychologisme qu’il a critiqué, débusqué jusque
chez Husserl, tend à réduire la pensée à la représentation révélant son étroite
parenté avec l’idéalisme quand ce dernier réduit le monde et les choses à la
représentation. Ainsi la psychologie qui découvre les lois de la
représentation prétend énoncer aussi les lois de la pensée. Frege réagit
vigoureusement en montrant que les lois psychologiques de la représentation
dépendent des lois plus fondamentales qui sont les lois des nombres étroitement liées aux lois de la pensée, d’où la vanité du projet qui consiste à
réduire les lois mathématiques à des lois psychologiques.
La confusion de la pensée avec la représentation entraîne une seconde
conséquence. Pour des philosophies imprégnées de psychologie, comme
Brentano ou Husserl, la représentation n’est pas liée à une excitation
corporelle dont elle dépendrait mais à une conscience ou subjectivité
indépendante des affections naturelles et corporelles. En réduisant la pensée
à la représentation, le psychologisme met en péril l’objectivité et la vérité
visées par toute pensée ; en faisant dépendre l’objet de la pensée d’une
forme qui serait le « je pense », la révolution copernicienne n’échappe au
relativisme qu’en postulant l’universalité du sujet. Peut-on sortir du
subjectivisme (Brentano, Husserl) ou du naturalisme (Fechner, Mach) propre
à la conception psychologique de la pensée et éviter à la fois le solipsisme et
le scepticisme ?

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Gottlob-Frege-philopsis-e1605692213421.jpg 436 328 Verley Xavier https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Verley Xavier2008-03-29 17:02:472021-11-06 09:20:53Un contenu de pensée peut-il être objectif ? Sens, objet et vérité

La science, l’intuition et l’art d’inventer

2 mars 2008/par Verley Xavier

Pour Platon la science impliquait un apprentissage, une recherche, d’où le paradoxe : la science supposait savoir et ignorance ;

« Quel beau sujet de dispute sophistique tu nous apportes là ! C’est la théorie selon laquelle on ne peut chercher ni ce qu’on connaît ni ce qu’on ne connaît pas : ce qu’on connaît, parce que, le connaissant, on n’a pas besoin de le chercher ; ce qu’on ne connaît pas, parce qu’on ne sait même pas ce qu’on doit chercher. »

Ainsi la science implique un certain rapport du connu à l’inconnu qui rend possible soit le scepticisme qui réduit l’inconnu à l’inconnaissable, soit le dogmatisme qui proclame que l’inconnu est connaissable :

« Voilà le problème, cherches-en la solution. Tu peux la trouver par le pur raisonnement. Jamais, en effet, mathématicien ne sera réduit à dire : « Ignorabimus » .

Dans La science et l’hypothèse, Poincaré donne l’impression de pencher du côté sceptique ; ne parle-t-il pas de principes qui ne sont que des hypothèses révisables, de définitions, d’axiomes qui ne sont que des conventions déguisées ? On reste étonné qu’un savant d’une telle envergure puisse poursuivre des recherches alors qu’il serait sceptique. Ni sceptique, ni dogmatique. Alors que cherche-t-il dans la science ? À la différence des scientistes de l’époque qui rêvaient de voir leur science éliminer toutes les autres sciences et remplacer la philosophie par une sorte de science des sciences dont ils prétendaient détenir le secret, Poincaré retient du savoir sa puissance d’invention. Il s’oppose autant à ceux qui figent la science dans des principes immuables qu’à ceux qui réduisent la science à une simple langue construite sur des conventions (Le Roy) :

« Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir » .

Savoir, c’est inventer mais inventer est-ce simplement découvrir, reconnaître quelque chose qui était déjà là ? La question de l’invention, souvent posée par ce mathématicien féru de physique, est-elle une question interne à la science ou une question externe posée par le philosophe, le psychologue ou même le sociologue ?

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/03/Henri_Poincare_philopsis-e1584698131199.jpg 220 200 Verley Xavier https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Verley Xavier2008-03-02 13:51:352025-05-04 05:34:39La science, l’intuition et l’art d’inventer

Logique formelle, logique transcendantale

28 février 2008/par Chauve Alain

Sur quoi portent-elles ? De quoi traitent-elles ?

La logique formelle est une théorie des formes des jugements et des formes des raisonnements. Elle se définit comme «la science des lois nécessaires de la pensée » (Kant, Logique, p.12, qui précise : « les lois nécessaires et universelles de la pensée en général »). Il suffit de bien entendre cette définition pour se rendre compte qu’il ne peut s’agir de la psychologie. Si c’était le cas, en effet, nous aurions affaire à des lois contingentes relevant de l’observation de la vie mentale et de la façon dont se forment et s’associent les idées. En tant que lois nécessaires et universelles qui ont une validité générale (comme, par exemple, les lois du syllogisme), elles sont indépendantes de tout principe empirique. La logique « repose sur des principes a priori qui permettent de déduire et de démontrer toutes ses règles » (Logique, p.13), comme, par exemple, le principe de contradiction. Les règles de la logique, en tant qu’elles sont des lois, concernent la pensée non telle qu’on l’observe dans les faits mentaux et les opérations psychologiques, mais telle qu’elle est dans sa forme idéale de validité. C’est ce que Kant exprime en déclarant : « En logique il s’agit […] non de la façon dont nous pensons mais de la façon dont nous devons penser » (Logique, p.12).
La logique transcendantale est, quant à elle, une doctrine des catégories, c’est-à-dire des concepts purs qui commandent la connaissance de la réalité, voire même qui constituent la réalité. Pouvoir connaître une chose réelle c’est d’abord pouvoir l’identifier et dire à quoi on a affaire. Par exemple, c’est pouvoir dire que cet animal que je vois est un chien et pas un chat. On a alors un concept empirique, celui de chien. Les concepts empiriques se forment en comparant des choses observées et en faisant abstraction d’un caractère commun. Mais cette activité de conceptualisation qui aboutit à des concepts empiriques est elle-même commandée par des concepts purs qui n’ont rien d’empirique.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Kant_gemaelde_3-1-e1605711006426.jpg 740 576 Chauve Alain https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Chauve Alain2008-02-28 20:00:452020-12-16 15:58:13Logique formelle, logique transcendantale

Définir, décrire, classer chez Aristote : des opérations propédeutiques à la connaissance scientifique des choses

15 septembre 2007/par Macé Arnaud

Définir, décrire, classer – cela suffit-il pour connaître les choses ? Le plus notable de prime abord dans cette liste de trois opérations de pensée, c’est moins leur profusion, qui dissémine certes la connaissance des choses en de multiples actes, que la restriction que cette liste impose. Non seulement la trinité ainsi constituée représente une coupe drastique dans la diversité des actes par lesquels on a pu décrire l’accomplissement d’une connaissance des choses – percevoir, intuitionner, sentir, juger, déduire, induire, expliquer, rendre raison, démontrer, prouver, manifester, dévoiler, diviser, rassembler, etc. – , mais, plus encore, on peine à saisir la raison qui anime un tel partage, le lien intime qui unit ces trois opérations et justifie qu’on les isole de toutes les autres – au risque que cet isolement et que ce regroupement ne manifestent que leur arbitraire.
Ou c’est peut-être, plus qu’un lien intrinsèque, une raison strictement négative qui pourrait donner un fondement à ce regroupement – comme si l’on se concentrait sur les opérations auquel on se donne encore droit quand toutes les autres sont apparues trop ambitieuses. Le plus frappant dans cette triade, c’est en effet l’omission du type d’opération par rapport auquel ces trois-ci n’ont été, pour les fondateurs de la philosophie, que des opérations adjuvantes ou préparatoires. Pour Platon en effet comme pour Aristote, connaître les choses, c’est les expliquer, en rendre raison en les rapportant à leur cause, pouvoir dire « pourquoi » elles sont comme elles sont. Et c’est par rapport à cette opération que définir, décrire ou classer peut s’avérer utile ou nécessaire, mais de manière seulement subordonnée.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/04/aristote-philopsis.jpg 230 200 Macé Arnaud https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Macé Arnaud2007-09-15 11:22:422021-11-07 17:49:23Définir, décrire, classer chez Aristote : des opérations propédeutiques à la connaissance scientifique des choses

Lettres philosophiques

25 juillet 2007/par Pierre Lachièze-Rey

Le noyau de ce recueil est constitué par des lettres dont Pierre Lachièze-Rey avait lui-même conservé et rassemblé les doubles, en vue probablement d’une publication éventuelle. La plupart de ces lettres concernent les ouvrages de correspondants ou répondent à des demandes d’éclaircissement concernant la philosophie de l’auteur. Nous avons ajouté quelques lettres nouvelles, publiées soit d’après l’original communiqué par les correspondants ou leurs héritiers, soit d’après des doubles conservés isolément, soit d’après un brouillon.

La majeure partie de cette correspondance date d’avant 1940, et la presque totalité d’avant 1950 : ceci provient de ce que des occupations familiales de plus en plus nombreuses et ensuite la maladie ne laissèrent plus à Pierre Lachièze-Rey le loisir de conserver un double des lettres qu’il écrivait.

Aux lettres de Lachièze-Rey nous avons joint, avec l’autorisation des héritiers auxquels nous exprimons notre profonde reconnaissance, les réponses des principaux correspondants décédés (Berger, Blondel, Bréhier, Brunschvicg, Lavelle, Le Senne, le père Marc, Paliard, et le père Valensin), lorsqu’il s’agissait d’un échange continu et lorsque le dialogue pouvait y gagner en vie et en relief.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Pierre-Lachieze-Rey-philopsis-e1606493777555.jpg 296 239 Pierre Lachièze-Rey https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Pierre Lachièze-Rey2007-07-25 18:07:002021-11-08 09:03:06Lettres philosophiques

La démonstration

1 décembre 2006/par Schmid Anne-Françoise

Ce texte est une sorte de triptyque qui tourne autour du concept de démonstration.
Dans un préambule, un débat classique (Descartes, Leibniz) est présenté sous forme de dialogue fictif, qui engage un ensemble de notions permettant d’appréhender celle qui nous occupe. Nous verrons que, philosophiquement, la question de la démonstration engage tout un ensemble de décisions.
Dans le premier chapitre, nous verrons que, du point de vue de l’épistémologie contemporaine, la question philosophique de la démonstration ne peut être développée sans un certain nombre de connaissances sur les théories, la forme des lois scientifiques, le concept de déduction, et le théorème de la déduction. Il faut donc un certain nombre de connaissances pour comprendre le concept de démonstration. C’est ce qui sera présenté au début de ce texte, et qui explique un certain nombre de « rappels » (théorie, loi scientifique). Nous verrons qu’il y a des liens entre la déduction et la démonstration, quoiqu’elles ne s’identifient pas. Ils permettent d’expliquer en quoi consiste une démonstration dans un système hypothético-déductif.
Dans un second chapitre, quelques indications seront données pour l’interprétation de deux grands débats philosophiques autour de la démonstration : Peut-on accepter le raisonnement par l’absurde ? Les positions intuitionnistes et constructivistes pensent qu’il n’est pas acceptable en mathématiques.
La démonstration est-elle d’ordre logique ou mathématique ? Ces deux question sont liées, les « intuitionnistes » pensant souvent que la démonstration est d’abord mathématique. Ce débat sera illustré par l’analyse de la polémique entre Henri Poincaré et Bertrand Russell sur la logique mathématique, qui concerne l’interprétation de la démonstration par induction.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/philopsis_rene_descartes.jpg 263 200 Schmid Anne-Françoise https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Schmid Anne-Françoise2006-12-01 09:44:002020-12-16 17:26:24La démonstration

La logique ou l’art de penser

25 novembre 2006/par Babonnaud Marc

Explication du texte d’Arnauld et Niclole, Quatrième partie, Ch. I « L’utlité que l’on peut tirer des ces spéculations…. fin. »

« Texte traversé par un certain nombre de paradoxes : d’abord la démonstration y est considérée comme ce qui atteste de la faiblesse de la raison, là où habituellement on en fait une preuve de sa puissance. Elle renvoie l’homme à ses limites quand elle sert au contraire, chez Descartes par exemple, à lui ouvrir un champ illimité du savoir. Elle ruine ses prétentions à une connaissance absolue en toute chose alors qu’elle fournit des raisons d’être certain ».

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/Antoine-Arnauld-philopsis-e1608150504860.jpeg 191 193 Babonnaud Marc https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Babonnaud Marc2006-11-25 12:06:002026-10-07 06:59:49La logique ou l’art de penser

Deux études sur Frege : entre mathématiques et linguistique

25 novembre 2006/par De Gandt François

L’œuvre de Frege est très brève, incisive, quasi minérale en sa sobriété, comme une sorte d’aérolithe d’abord méconnu puis admiré, enfin commenté minutieusement et religieusement dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour lui faire droit, en manifester la force, l’originalité et la fécondité aux yeux de philosophes moins rompus aux exercices de la philosophie analytique, il paraît utile de retracer les liens étroits qui l’unissent aux mathématiques de son temps d’une part, et à la réflexion traditionnelle sur les langues d’autre part, entre mathématiques et linguistique. Les contours de la logique, ce territoire bien difficile à dessiner, en ressortiront peut-être plus nets.
Dans le vaste mouvement qui à la fin du XIXe siècle ébranle les bases mêmes des sciences mathématiques et oblige les penseurs à chercher un sol stable par delà les traditionnelles assurances de la géométrie euclidienne et de l’échafaudage des nombres, Frege occupe une place à part, très novateur et très archaïque à la fois. Attaché aux certitudes de l’intuition géométrique – pas question d’admettre une géométrie non-euclidienne à titre provisoire ou hypothétique, car « nul ne peut servir deux maîtres » -, soucieux inlassablement de garantir une référence à toutes les expressions – pas question de jouer en irresponsable avec des écritures, comme une monnaie sans étalon or -, il creuse patiemment pour atteindre le sol logique, ce qu’il pense être le roc : les lois de la pensée pure, sur lesquelles pourraient se bâtir une part des constructions mathématiques.

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https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Gottlob-Frege-philopsis-e1605692213421.jpg 436 328 De Gandt François https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png De Gandt François2006-11-25 12:01:002025-05-04 06:11:56Deux études sur Frege : entre mathématiques et linguistique
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