Que faut-il entendre exactement par “les Lumières” ? La question en contient en réalité deux autres, et interdépendantes : que furent les Lumières et que sont-elles encore pour nous ?

Pour dire ce qu’elles furent, il faut tenter d’en préciser le projet. Et dire ce que sont les Lumières, c’est en analyser l’héritage et les critiques. Voici comment Jaurès présentait cet héritage au début des années 1920.

« C’est un libre souci de la vérité universelle, c’est la haine ou le dédain du préjugé, c’est l’incessant appel à la raison, c’est la large sympathie humaine qui va à tous les peuples et à toutes les races, surtout à tous les efforts de civilisation et de pensée, sous quelque forme et en quelque nation qu’elles se produisent ; c’est le besoin de tout comprendre et de tout harmoniser, de briser l’unité factice de la tradition pour créer l’unité vivante de la science et de l’esprit ; c’est l’inspiration encyclopédique et cosmopolite, la passion de la science et de l’humanité ; c’est le grand mouvement que les Allemands ont appelé l’Aufklärung, reflet du mot que le XVIIIe siècle français aimait tant et qui avait alors un éclat tout jeune et tout vif : les Lumières »

Mais faut-il encore assumer cet héritage et le prolonger ou, au contraire, “oser” dans une fidélité paradoxale, le déconstruire et s’en défaire ?

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