Résumé

Le but de l’auteur est de repérer les transformations qui s’opèrent dans la conscience humaine entre l’époque grecque « originaire » et l’époque moderne. De l’avis de l’auteur, ces transformations de la conscience s’expriment par excellence dans le rapport de l’homme au langage. À l’époque grecque «originaire », pensée, langage et être sont encore unis, alors qu’à l’époque moderne — ainsi qu’en témoignent les œuvres de Luther, Descartes et Locke — ils viennent à se dissocier, dans un processus peut-être déjà préfiguré dans le latin, voire le grec hellénistique : l’être humain s’apparaît comme sujet délié du langage; il exprime dans un langage désormais manipulable (et qui se donne ainsi comme «langage » au sens propre) la pensée qu’il a formée en esprit, à propos d’un réel lui- même objectivé. Diverses formes de cette conscience humaine du langage sont analysées sur base de documents linguistiques, relevant entre autres de la pensée historique et philosophique (Thucydide, Polybe, Aristote, Cicéron, Kant, …).

Note de l’éditeur. Nous publierons en septembre 2020 les traductions, inédites en français, de deux autres études de Johannes Lohmann : « La différence ontologique de Martin Heidegger et le langage » (M. Heideggers ontologische Differenz und die Sprache) et « Langage et temps » (Sprache und Zeit). La première de ces traductions sera accompagnée d’un commentaire.

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