Les auteurs

Sous-rubriques:

La philosophie de Nietzsche est et se veut intempestive ou inactuelle. À l’inverse des « philistins de la culture » qui, à son époque, affichent une confiance indéfectible dans le progrès, Nietzsche perçoit une inquiétante montée en puissance du nihilisme et du ressentiment. Sans bien sûr s’y résoudre, Nietzsche est le penseur d’une réalité historique […]

La psychanalyse a été, dès son émergence et est encore aujourd’hui l’objet de multiples critiques rendant problématique le statut de science que son fondateur affirmait pouvoir lui attribuer. Parmi ces critiques, certaines sont nées d’une « explication » véritable avec le travail de Freud Politzer reproche aux hypothèses métapsychologiques freudiennes leur abstraction et leur réalisme. Elles écrasent […]

Les conditions de l’intelligibilité de la nature sont-elles les mêmes pour tous ses objets ? Descartes le pensait, en soutenant que toute la nature est transparente à l’ordre géométrique et doit être expliquée par figures et mouvements. Cournot prend un chemin tout différent : il montre, au paragraphe 168 du Traité de l’enchaînement des idées dans les […]

La lecture des Carnets de 1914-1916 de Wittgenstein montre que la genèse du Tractatus Logico-Philosophicus (noté ultérieurement TLP) est à chercher avant tout dans une réflexion insistante et critique sur le fondement de la logique de Russell (les Principia écrits en collaboration avec Whitehead venaient de paraître) très inspirée par la lecture des écrits de […]

On présentera ici un commentaire de l’étude que Charles Renouvier (1815-1903) consacre à la représentation dans le premier des Essais de critique générale. On partira ici de la seconde édition du Premier Essai où Renouvier précise et amplifie son analyse1. L’histoire de la philosophie range habituellement Renouvier parmi les représentants du néo-criticisme français, dénomination commode […]

Le lecteur trouvera ci-dessous des remarques se rapportant aux dialogues suivants : Gorgias, Ménon, Phédon, Cratyle, Théétète, Phèdre, Sophiste. Gorgias. Trois remarques d’introduction. 1/ Dans le Gorgias, d’une façon beaucoup plus nette que dans d’autres dialogues, la pensée de Platon porte sur la réalité politique d’Athènes et de la Grèce qui lui est contemporaine ; […]

I. Les dialogues de jeunesse A. Morale. L’intérêt premier de Platon pour l’éthique et la politique lui vient de son éducation aristocratique et de l’influence de Socrate. Le Premier Alcibiade présente Socrate en dialogue avec un jeune athénien ambitieux qui veut se porter au pouvoir. Socrate fait valoir que celui-ci n’a de sens que comme […]

Kant fait l’éloge de Platon dans la 1 ère section de sa Dialectique transcendantale (PUF p.262-265). Il lui fait l’honneur d’avoir décelé le besoin inamissible qu’éprouve la raison de transcender l’expérience, et d’avoir le premier mis en valeur le rôle pratique de l’idée en tant qu’idéal moral. Ces deux thèses sont maintenues par l’idéalisme kantien […]

Au début du passage, Épictète rappelle ce qui est pour chacun l’affaire (ergon) principale de la vie » – le seuil de la sagesse – : la distinction entre entre ce qui dépend et ce qui ne dépend pas de nous.

Ce qui dépend de nous : « la volonté » (proairesis) ou, comme le dit I, XXII, 10, « la volonté et les actes volontaires » (proairesis kai panta ta proairetika), c’est-à-dire non pas un vouloir qui reste purement intérieur (et qui ne serait alors qu’un souhait ou une velléité) mais un vouloir agissant dans le monde.

Ce qui ne dépend pas de nous : « les choses extérieures », c’est-à-dire selon I, XXII, 10, 858 « le corps et ses parties, les biens, les parents, les frères, les enfants, la patrie, et en général tous les membres de notre communauté » – mais aussi : le résultat de nos actes.

Cette distinction permet seule d’avoir une compréhension juste de ce que signifient bien et mal : il n’y a de bien et de mal que « dans les choses miennes » (en tois emois) [I, XXIX, 4, 873 : « C’est une loi instituée par Dieu ; il dit : “si tu veux un bien, prends le en toi même” »]. Le bien et le mal ne sont que dans la disposition du vouloir.

C’est une constante de la réflexion nietzschéenne que la dévalorisation de la critique. Proclamation qui, pour être récurrente, ne laissera pas d’intriguer le lecteur puisqu’il n’est pourtant guère de philosophe qui ne se trouve mis en accusation, et guère de doctrine philosophique qui ne soit réfutée par l’auteur de Par-delà bien et mal. Au point que c’est l’idée même de philosophie qui menace de s’effondrer sous les coups répétés de ce penseur qui n’en soutient pas moins simultanément qu’il est un affirmateur. Descartes : un penseur superficiel ; Spinoza : supercherie ; Kant : un tartufe, voire pire : « le plus contrefait des estropiés du concept » ; et la déclaration même, précoce, par laquelle Nietzsche définit sa pensée comme un « platonisme inversé » n’indiquerait-elle pas finalement que c’est bien malgré tout un geste critique qui commande l’élaboration de son questionnement ? A moins qu’elle ne veuille signifier, Platon jouant alors comme paradigme de la philosophie tout entière, la mise à l’écart définitive de celle-ci ? Que reste-t-il en effet chez Nietzsche du projet philosophique ?