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Une introduction à la métaphysique : raison et existence

La métaphysique

Qu’est-ce donc que la métaphysique ? Ici le paradoxe veut qu’introduire à la métaphysique soit d’emblée réfléchir à sa définition, et que la recherche de la définition soit une interminable introduction. A l’égard de la métaphysique, on ne pourrait jamais faire autre chose qu’introduire… Introduire à la métaphysique n’est pas un préalable, mais le style propre de la pensée métaphysique. Toute l’histoire de la métaphysique est l’histoire d’une introduction…
On peut encore formuler autrement le paradoxe : la métaphysique a rapport au fondement (fondement du savoir, connaissance des principes…) mais le fondement se dérobe toujours. La métaphysique c’est l’exigence rationnelle du fondement de la science, mais la métaphysique n’en finit pas de ne pas pouvoir se fonder. L’entreprise peut donc paraître bien vaine : à quoi bon s’efforcer de poser ce qui ne peut s’atteindre ? Il est raisonnable de s’en tenir à ce qui peut être connu de manière certaine et rigoureuse (sciences), quand bien même le savoir ne reposerait pas sur des bases inébranlables. Les succès remportés en aval dans la connaissance des phénomènes compensent l’absence de fondement en amont. La science se fonde, pour ainsi dire, par ses conséquences, par son dynamisme, dans son mouvement même. C’est ce qu’on peut appeler la conception « positiviste » de la science qui est largement dominante aujourd’hui. D’un côté, les sciences (et les techniques) saisissent de mieux en mieux de plus en plus de phénomènes ; de l’autre, la métaphysique n’a pas encore produit le début d’une preuve de connaissance effective et l’enquête sur le fondement du savoir paraît une recherche inutile : elle n’apporte rien au progrès de la science.

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14 septembre 2007/par Cournarie Laurent
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Kant_gemaelde_3-1-e1605711006426.jpg 740 576 Cournarie Laurent https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Cournarie Laurent2007-09-14 14:54:002020-12-18 08:35:32Une introduction à la métaphysique : raison et existence

Condillac et la peinture

Condillac, L'art

On sait que s’élabore, dès la fin du dix-septième siècle, et tout au long du dix-huitième, une mythologie du peintre (et aussi de son frère, parfois ennemi, l’écrivain) : figures héroïques, que les Lumières ont fait entrer dans l’Histoire, et qui, depuis, n’ont cessé de hanter nos idéologies. Ayant abordé ailleurs l’étude de ce champ, chez ceux que l’on peut appeler les critiques d’art, de Félibien à Diderot, je me demanderai ici quelles fonctions (sans exclure la symbolique) remplit chez Condillac la référence au peintre, à la toile, à la peinture, et en quoi elle éclaire sa conception du langage. Ce n’est pas sans espérer, en retour quelque lumière, sur tel énoncé de Diderot, celui, par exemple, du salon de 1765, où, ayant évoqué, à propos de Chardin, ces « philosophes » qui disent « qu’il n’y a rien de réel que nos sensations », l’écrivain s’exclame : « qu’ils m’apprennent, ces philosophes, quelle différence il y a pour eux, à quatre pieds de tes tableaux, entre le Créateur et toi ! » Que vient faire Condillac, indirectement désigné, dans cet amusant télescopage entre idéalisme et théologie? Assurément, il s’agit d’amener l’hyperbole Chardin-Créateur. Mais cette hyperbole, nous avons d’autant plus de raison de la prendre au sérieux que le terme de créateur est devenu, depuis, d’usage fort courant dans notre vocabulaire esthétique. Il y a peut-être quelque raison pour que Diderot, affronté au mystère Chardin, s’adresse à Condillac.

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13 septembre 2007/par Démoris René
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Etienne-Bonnot-de-Condillac-philopsis-e1605692189141.jpg 187 158 Démoris René https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Démoris René2007-09-13 22:57:442021-11-07 18:00:57Condillac et la peinture
image-naturelle.gif

L’image naturelle

L'image

J’entends dire que l’image est partout. Elle nous inonde, elle nous submerge. Sous le déluge des images, nous serions les naufragés de la pensée. Idolâtres et acéphales, voilà, me dit-on, ce que, par sa faute, nous sommes devenus.
Je réponds haut et clair : l’image n’est nulle part ; l’image n’est coupable de rien.
Qu’est-ce à dire ? D’abord, je pense que ce qui nous menace aujourd’hui, corps et âme, ce n’est pas l’image, mais sa disparition, son expulsion même. Ensuite, je prétends qu’une méditation véritable sur l’image conduit à ne la confondre avec aucune configuration du visible. Autrement dit, lorsqu’une image est devant nos yeux, elle ne s’impose pas pour autant au regard. Le visible la dissimule, mieux encore, l’image a élu le visible pour se dissimuler. Qu’on la conjure ou qu’on la convoque, l’image impose toujours une certaine économie de l’absence.
Cet article est repris d’une publication aux éditions Corti, dans la collection
Le nouveau commerce, 1995. Il est reproduit ici avec l’autorisation de l’auteur

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10 septembre 2007/par Mondzain Marie-José
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2007/07/image-naturelle.gif 167 120 Mondzain Marie-José https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Mondzain Marie-José2007-09-10 23:19:002023-04-07 10:06:33L’image naturelle

L’image entre reproduction et création

L'image

L’image relève d’un statut ambigu, du moins ambivalent : ou bien, avec elle, nous évoquons une image mentale, ou bien nous nous en tenons à une image physique (une photographie ou l’esquisse d’une chose). L’une tend à nous libérer du monde, quand l’autre nous y plonge.

Bien que désignées par le même terme, ces deux images diffèrent nettement, encore que la première ait parfois retenti sur la seconde et empêché des excès de naturalisme.

Nous retrouvons la même amphibologie avec l’imagination : l’imagination dite reproductrice équivaut à un simple redoublement du réel, alors que l’imagination créatrice nous découvre la réalité de l’irréel.
Gaston Bachelard, qui a parfois creusé l’écart entre ces deux imaginations, le reconnaît : « les recherches sur l’imagination sont troublées par la fausse lumière de l’étymologie » .

De son côté, Jean-Paul Sartre publie un ouvrage, L’imagination (en 1936), puis, en 1940, L’imaginaire. Il ne manque pas de reconnaître la dualité. Il ira d’ailleurs jusqu’à considérer que l’imagination ne consiste pas à engendrer des images mais consiste en une quasi-observation sur le mode de l’absence.

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2 septembre 2007/par Dagognet François
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/socrate_philopsis.jpg 263 200 Dagognet François https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Dagognet François2007-09-02 20:00:002025-05-02 09:26:41L’image entre reproduction et création

Chardin et la nature morte : pouvoirs illégitimes ?

L'art

« Nature morte » : un mot malheureux, selon Charles Sterling, qui évoque la Still-leven hollandaise, et sa traduction française de “vie coye”, vie tranquille, au repos, en somme la « nature reposée » de l’abbé Le Blanc en 1747. Nature morte ne daterait, semble-t-il, que de 1756. Sterling conclut cependant à ne pas abandonner le terme : « Les mots ne valent que par les associations qui en rayonnent, et il y a sans doute assez peu de gens aujourd’hui pour qui le mot de nature morte évoque le contraire de la vie » .
J’appartiens, hélas !, malgré toutes sortes d’efforts, à cette malheureuse minorité. Qui pis est, l’énoncé de l’historien de l’art, dont j’admire profondément le travail (j’aimerais qu’on ne s’y trompe pas), me paraît la forme extrême d’une injonction à ne pas entendre, à ne pas prendre en compte les « associations » (puisque le mot est prononcé ici) qui ne se laisseraient pas ranger facilement dans les cadres habituels. Car ce n’est pas l’hyperinterprétation que vise ici Sterling, mais bien l’usage le plus trivial du lexique. Par la procédure du constat, le spectateur se trouve sommé de ne pas penser cette association-là. Je suppose que c’est à cette condition qu’on est un « bon » amateur de peinture, et qu’on laisse la trivialité à ce que le XVIIIe siècle appelait le « gros du public » ou la « lie du peuple ».

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23 août 2007/par Démoris René
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2021/11/Chardin_pastel_selfportrait-e1636281148786.jpg 257 202 Démoris René https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Démoris René2007-08-23 01:38:422021-11-22 16:26:54Chardin et la nature morte : pouvoirs illégitimes ?
mia.gif

Les espaces virtuels de l’image et l’autre perception

L'image

miafa.jpg Dans la salle du cinéma de quartier Le Jewel Cécilia (Mia Farrow) est entrée pour cacher ses larmes. Trompée par les fausses promesses de Gil Sheperd (Jeff Daniels), battue par Monk son mari (Danny Aiello), au chômage, subissant les rebuffades du monde entier, elle est aux abois. Ses yeux noyés de larmes ne distinguent pas d’abord les ombres qui s’agitent sur l’écran. Puis son visage se détend. Une lumière intérieure l’éclaire. Cécilia regarde, et elle prend place dans sa vision. Sublime plan que celui-ci où Woody Allen filme la métamorphose d’un visage qui entre dans la fiction. Là-bas, sur l’écran, ce ne sont plus des images qui bougent mais Ginger et Fred qui, sur les ailes de la musique d’Irving Berlin, s’élèvent aux Cieux, Heaven, i’m in Heaven…, virevoltent entre les colonnades, glissent sur un plancher immaculé qui s’étend, lisse, à perte de vue. Alors un sourire se dessine sur les lèvres de Cécilia, et dans ce sourire se signale l’absence de Cécilia au monde réel (la salle, la ville, la terre) et l’entrée dans l’espace imaginaire.

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14 août 2007/par Soulès Jérôme
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2007/08/mia.gif 123 100 Soulès Jérôme https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Soulès Jérôme2007-08-14 23:13:052023-04-07 10:07:04Les espaces virtuels de l’image et l’autre perception

Autres articles à lire sur « La forme »

La forme

Voir les articles suivants :
– La fondation aristotélicienne de la métaphysique
– Logique formelle, logique transcendantale
– La métaphysique de la métaphysique
– Kant, Critique de la raison pure commentaire de l’Esthétique transcendantale
– Le vivant

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13 août 2007/par Pascal Dupond
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/12/forme-philopsis-e1607505653692.png 184 183 Pascal Dupond https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Pascal Dupond2007-08-13 11:16:002020-12-09 09:23:09Autres articles à lire sur « La forme »

La sensibilité, la perception

La perception, La sensibilité

Sont ici repris quelques chapitres d’un ouvrage co-écrit par Laurent Cournarie et Pascal Dupond, intitulé La sensibilité, où le lecteur trouvera des orientations pour une réflexion sur la perception. Ce texte, que nous publions dans la collection Notes de Cours, aborde la perception à partir de quatre auteurs : Platon, Descartes, Diderot et Merleau-Ponty.

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27 juillet 2007/par Collectif
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/04/aristote-philopsis.jpg 230 200 Collectif https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Collectif2007-07-27 03:04:572023-04-17 09:54:41La sensibilité, la perception

Lettres philosophiques

La logique et l'épistémologie

Le noyau de ce recueil est constitué par des lettres dont Pierre Lachièze-Rey avait lui-même conservé et rassemblé les doubles, en vue probablement d’une publication éventuelle. La plupart de ces lettres concernent les ouvrages de correspondants ou répondent à des demandes d’éclaircissement concernant la philosophie de l’auteur. Nous avons ajouté quelques lettres nouvelles, publiées soit d’après l’original communiqué par les correspondants ou leurs héritiers, soit d’après des doubles conservés isolément, soit d’après un brouillon.

La majeure partie de cette correspondance date d’avant 1940, et la presque totalité d’avant 1950 : ceci provient de ce que des occupations familiales de plus en plus nombreuses et ensuite la maladie ne laissèrent plus à Pierre Lachièze-Rey le loisir de conserver un double des lettres qu’il écrivait.

Aux lettres de Lachièze-Rey nous avons joint, avec l’autorisation des héritiers auxquels nous exprimons notre profonde reconnaissance, les réponses des principaux correspondants décédés (Berger, Blondel, Bréhier, Brunschvicg, Lavelle, Le Senne, le père Marc, Paliard, et le père Valensin), lorsqu’il s’agissait d’un échange continu et lorsque le dialogue pouvait y gagner en vie et en relief.

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25 juillet 2007/par Pierre Lachièze-Rey
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Pierre-Lachieze-Rey-philopsis-e1606493777555.jpg 296 239 Pierre Lachièze-Rey https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Pierre Lachièze-Rey2007-07-25 18:07:002021-11-08 09:03:06Lettres philosophiques

In omnibus requiem quaesivi: la paix selon Pascal

La paix, Pascal

Que nous tendions à la paix, nul doute pour Pascal. Mais à laquelle ? L’une, qui est le contraire de la guerre civile, ne s’obtient chez les hommes qu’en méconnaissance de la justice qui seule pourrait lui donner sa consistance positive ; l’autre, qui s’oppose à l’inquiétude et au branle de toutes choses, est le plus souvent recherchée comme simple apparence de tranquillité dans l’ignorance, l’indifférence voire l’agitation. La première, sociale et politique, peut donc être atteinte (même si le coût en est élevé, même si elle n’est au mieux qu’une caricature) ; la deuxième, existentielle et morale, ne le sera certainement pas par la voie empruntée, laquelle pourrait certes conduire au « bonheur gras de la bonne conscience » (Nietzsche) si les hommes n’étaient d’une nature contradictoire (« ils croient chercher sincèrement le repos, et ne cherchent en effet que l’agitation »), s’ils ne redoutaient d’accéder à une « paix de l’âme » qui ne serait jamais qu’ennui : ces deux versions, donc, renvoient toujours chez le philosophe à une troisième, toute spirituelle et ne pouvant être donnée que par Dieu seul, paix véritable et eurythmique, ou repos. Devons-nous, avec Pascal, nous résigner à une injuste paix civile, constater l’impossibilité d’une pacification intérieure par nos seules forces et, finalement, donner d’autres noms à la paix ?

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22 juillet 2007/par Saltel Philippe
https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/11/Blaise-Pascal-philopsis.jpg 314 300 Saltel Philippe https://philopsis.fr/wp-content/uploads/2020/02/logo_philopsis3-300x107.png Saltel Philippe2007-07-22 11:29:112026-04-24 19:44:28In omnibus requiem quaesivi: la paix selon Pascal
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