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Pascal Dupond

A propos de Pascal Dupond

Cet auteur n’a pas encore écrit sa bio.
Mais nous sommes fiers de dire que Pascal Dupond a déjà contribué aux publications 96.

Publications par Pascal Dupond

Binswanger, L'art, Phénoménologie

La réalisation de soi dans l’art: une lecture daseinsanalytique de Solness le Constructeur

Commentant une pièce intitulée Solness le constructeur, le psychiatre suisse L. Binswanger prend pour thème la réalisation de soi ainsi que le sérieux, la véracité, le refus des demi-mesures, que, selon Ibsen, la réalisation de soi exige.
L’opération de la forme artistique, la Gestaltung, est un des chemins fondamentaux de la véracité et de la réalisation de soi.
L’art est une Gestaltung et ouvre la voie d’une réalisation de soi pour autant que s’y croisent l’horizontalité – la direction de sens de l’expérience et de l’amplification de soi -, et la verticalité – la direction de sens de l’amour et de l’ascension ; il y a Gestaltung là où une re-prise véritable du passé dans le présent ouvre un avenir, là où hauteur et profondeur communiquent, là où se composent et se nouent l’éternité du beau et la patience du travail de l’œuvre.
Mais l’art ne peut ainsi ouvrir la voie d’une réalisation de soi qu’en s’approchant au plus près, en faisant l’épreuve de l’ennemi intime qui le menace – de l’intérieur. Cette menace, Binswanger l’appelle présomption . La présomption survient au moment où la proportion se rompt entre l’horizontal et le vertical, l’ample et le haut, au moment où la hauteur devient une sorte d’abîme qui attire et emporte celui qui monte, jusqu’au point où il s’effondre dans le vide. La passion de la forme pure peut en venir à oublier la vie.
L’art est une voie de la réalisation de soi pour autant qu’il sait être, non une négation, mais une catharsis de la vie.

9 décembre 2015/par Pascal Dupond
La personne, Le sujet

La question de l’identité personnelle

La notion de sujet, telle qu’elle apparaît dans la philosophie moderne, s’est construite à l’intersection de deux chemins principaux.
Le premier – ontologique – est celui de la réflexion grecque puis latine sur la substance. Le français « sujet » vient en effet du latin « sub-jectum », qui est lui-même apparenté, du point de vue de la construction lexicale, au latin substantia et au grec upokeimenon.
Que signifie substance ?
Au début du livre Z de la Métaphysique, Aristote énonce que l’être est dit selon de multiples acceptions appelées catégories. Et il cite parmi elles le « ce qu’est la chose et le ceci » appelé également ousia, puis la qualité, la quantité, et toutes les autres catégories de l’être. Et il établit la primauté de l’ousia qui est seule kath auto.

13 novembre 2015/par Pascal Dupond
Freud, Phénoménologie

Phénoménologie et psychanalyse: trois lectures de Freud

On se propose d’étudier quels ont été les foyers et les enjeux de la rencontre entre phénoménologie et psychanalyse dans les travaux de trois auteurs majeurs du courant phénoménologique : Maurice Merleau-Ponty, Paul Ricœur et Michel Henry. Cette rencontre présente une double face : elle est, du côté de la psychanalyse ou plutôt du côté d’une pensée qui se met à l’école de la psychanalyse, une mise en question de certains concepts fondamentaux de la phénoménologie (l’intentionnalité, la conscience donatrice de sens, la signification du cogito) ; elle est aussi, symétriquement, du côté de la phénoménologie, un examen critique des concepts psychanalytiques et, en particulier du double langage de la psychanalyse, de sa double référence constante à l’ordre du sens et à l’ordre de la force, à des rapports de motivation et à des rapports de causalité.

31 octobre 2015/par Pascal Dupond
Jonas, Le sujet

Notes de lecture sur « Puissance ou impuissance de la subjectivité » de Hans Jonas

Le Principe responsabilité est traversé par deux grandes questions dont on doit préciser l’importance pour la pensée de Hans Jonas.
La première concerne l’ontologie. Dualisme et monisme sont, selon Hans Jonas, les deux tentations permanentes de l’ontologie.
Le dualisme est inévitable sur le plan phénoménal : « les actes intellectuels, disait Descartes, n’ont aucune affinité avec les actes corporels » ; et Jonas précise : « on ne peut tout simplement pas additionner d’un côté les grandeurs dans l’espace et de l’autre le sentir ; aucun dénominateur commun ne permet d’unir dans un champ théorique homogène, malgré leur co-appartenance manifeste, “étendue” et “conscience” » .
Mais le dualisme est impossible sur le plan ontologique : « la voix de la subjectivité, dans l’animal et dans l’homme a émergé des tourbillons muets de la matière et continue d’y être liée » ; la vie organique témoigne du lien le plus intime entre l’intériorité subjective et l’extériorité matérielle et le dualisme doit être abandonné. Le monisme n’offre cependant pas une meilleure issue s’il se présente simplement comme la réduction violente de l’un des deux termes à l’autre.

28 octobre 2015/par Pascal Dupond
Aristote

Commentaire du livre IV de la Physique

« La nature est principe de mouvement et de changement » (Ph III, 200b10) ; il est donc impossible de connaître la nature sans questionner le mouvement ; or on « prétend » (opinion commune ou opinion savante) que « sans lieu , sans vide et sans temps il est impossible qu’il y ait du mouvement » (b20, p. 160) ; cela rend nécessaire de les étudier ; le lieu est étudié aux ch. 1 à 5, le vide aux chap. 6 à 9, le temps dans la suite du livre IV…

17 juin 2015/par Pascal Dupond
Aristote

Commentaire du livre III de la Physique

Les deux premiers livres établissent les conditions de possibilité d’une science de la nature. Le premier a justifié dialectiquement la réalité de l’objet de la physique: la nature comme principe de mouvement et de repos, en particulier contre les apories qu’avait soulevées les Eléates à l’encontre du mouvement. Le second a formulé les concepts fondamentaux de la physique et en particulier les différentes figures de la causalité et de la nécessité. On en vient, avec le livre III, à l’objet propre de la physique : si la nature est principe de mouvement, il est nécessaire d’étudier le mouvement : « l’ignorer, c’est nécessairement aussi ignorer la nature ». Aristote traite d’abord du mouvement lui-même (III et IV), puis de la division du mouvement quant à ses espèces (V) ou bien ses parties quantitatives (VI), puis le mouvement est considéré « relativement à son moteur », c’est-à-dire le premier moteur (VII et VIII)

13 juin 2015/par Pascal Dupond
Aristote

Commentaire du livre I de la Physique

Trois catalogues des œuvres d’Aristote sont parvenus jusqu’à nous.
Diogène Laërce (doxographe grec qui a vécu probablement au 3e s ap JC) recense 146 titres. Hésichios de Milet en recense 192, dont 132 déjà cités par Diogène Laërce.
Un 3e catalogue a été transmis par des auteurs arabes du 13e s. d’après des documents remontant à Andronicos de Rhodes (1e siècle avant JC), un scholarque du Lycée qui avait édité l’œuvre d’Aristote.
De ces œuvres très peu nous sont parvenues.
Rien ne nous est parvenu de ce qu’Aristote a écrit pendant les 20 années de sa présence à l’Académie et nous ne savons donc rien des modalités de la distance prise par rapport à Platon : dans les écrits qui nous sont parvenus, les références à l’enseignement de l’Académie ne sont pas nombreuses (la plus célèbre se trouve en EN, I, 4, 1096a11).

11 juin 2015/par Pascal Dupond
La religion

Note sur les liens entre existence religieuse et existence politique

On se propose d’esquisser ici ce que pourrait être la relation entre la sphère
politique et la sphère religieuse de l’existence. Il s’agit donc d’aller, si possible, à
l’essence même de la politique et de la religion mais en cherchant ce que la
compréhension juste de chacun des deux phénomènes peut apporter à la
compréhension de l’autre. Le point de départ de ma réflexion est la distinction
établie par Bergson entre société close et société ouverte, mais je modifie un peu
le sens et le fonctionnement de cette distinction en faisant l’hypothèse que
l’existence politique (qui n’est guère thématisée dans les Deux sources de la
morale et de la religion
ni en général dans l’oeuvre de Bergson) est un moment
nécessaire, un moment fondateur dans le passage de la société close à la société
ouverte, au sens où elle marquerait le seuil à partir duquel la société ouverte est
possible…

8 juin 2015/par Pascal Dupond
Aristote

Commentaire du livre II de la Physique

Chapitre I
« Parmi les étants, certains sont par nature… » : pour délimiter le champ des objets que la physique se propose d’étudier, Aristote distingue deux genres d’être : les uns sont par nature, les autres par d’autres causes. Ces autres causes sont le hasard (dont il sera question ultérieurement dans le livre II, et qui n’est cause que par accident) et l’intelligence humaine, l’art, la technè, l’activité productrice de l’intelligence agissant selon une règle rationnelle, comme le montre la suite.

5 juin 2015/par Pascal Dupond
La vérité, Le corps, Merleau-Ponty

Comment la Phénoménologie de la perception comprend-elle la question de la vérité?

Pour situer la question d’aujourd’hui, je partirai de l’héritage cartésien.
Descartes nous apprend que les objets de notre pensée relèvent d’une des trois notions primitives de l’esprit.
Les deux premières, qui distinguent l’âme et le corps, ouvrent le chemin que l’esprit doit suivre pour trouver la vérité.
La troisième, qui les réunit en un seul être, est la dimension de la vie.
La perception sensible relève de la troisième notion primitive dans la mesure où le monde qui s’ouvre à elle est celui d’une âme unie à un corps.
Quel que soit son rôle dans la vie et même dans la connaissance, la perception sensible souffre d’un préjugé fondamental consistant à attribuer sans critique aux choses ce qui en apparaît dans l’union. « La principale erreur et la plus ordinaire », dit la 3e Méditation, « consiste en ce je juge que les idées qui sont en moi sont semblables ou conformes à des choses qui sont hors de moi » (Alquié II, 334).

5 juin 2015/par Pascal Dupond
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